Bururi : écouter les médias en exil reste un délit
Le directeur du Lycée communal Murehe en province de Bururi (sud du Burundi) Germain Ntakarutimana, a passé une nuit en détention pour avoir écouté les émissions-Humura de la RPA (Radio Publique Africaine) émettant depuis l’exil. (SOS Médias Burundi)
Germain Ntakarutimana a été relâché ce vendredi vers 11h. Il avait été arrêté la veille alors qu’il participait à une réunion du directeur provincial de l’enseignement à Bururi. Son seul péché, selon des témoins, avoir une émission-Humura dans les enregistrements de sa messagerie WhatsApp. Il a été vite soupçonné de fournir des informations à la RPA, un média perçu comme étant de l’opposition radicale par les autorités burundaises.
« Germain participait à une réunion du directeur de l’enseignement en province de Bururi. D’autres responsables scolaires étaient aussi dans une salle du Lycée Bururi où se déroulait la réunion. On ne sait pas ce qui s’est passé mais l’indicatif des émissions-Humura a sonné dans son téléphone portable. Le directeur de l’enseignement a vite appelé des policiers qui l’ont arrêté sur le champ », disent des témoins oculaires de la scène d’interpellation du responsable du Lycée communal Murehe.
Antoine Sabushimike, directeur de l’enseignement à Bururi et les responsables de la police locale ont donc reproché à l’enseignant d’être « un informateur de la RPA ».
Après son arrestation, Germain Ntakarutimana a été conduit au cachot du commissairiat provincial de police à Bururi. Il y a été détenu jusqu’à ce vendredi en fin d’avant-midi. Des enseignants et responsables scolaires qui prenaient part à la réunion parlent d’une arrestation injuste.
LIRE AUSSI :
La RPA émet depuis l’exil depuis le printemps 2015 après sa destruction à la roquette par les services de sécurité burundais. C’était au lendemain du coup d’État raté contre le pouvoir de feu président Pierre Nkurunziza le 13 mai 2015. Ce média est considéré par les autorités burundaises comme étant au service des ennemis du pays et souvent accusé de ternir l’image de la petite nation de l’Afrique de l’est. Plusieurs personnes ont été arrêtées puis conduites dans des cachots locaux pour avoir écouté ses émissions ou soupçonnées de lui fournir des informations ces dernières années, avant d’être libérées.
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Photo : la place publique à Bururi
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