Kirundo-Muyinga : le vol de carburant dans des véhicules fait rage
Alors que le manque de carburant a atteint son paroxysme, des délinquants s’organisent pour vider des réservoirs de véhicules dans la nuit.Cette situation est rapportée à Muyinga et à Kirundo (nord-est du Burundi).À Kirundo, des habitants se font justice contre les bandits qui, une fois arrêtés par la police, sont vite relâchés. (SOS Médias Burundi)
Le vol de carburant se fait dans la nuit, selon des habitants de Muyinga et Kirundo qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.
« Les bandits ciblent des propriétaires de véhicules qui ont eu du carburant. Je ne sais pas comment ils parviennent à le savoir. Ils s’introduisent dans la parcelle et vident le réservoir du véhicule et s’en vont », expliquent-ils.
Une des victimes raconte avoir été réveillée par l’odeur du carburant tard dans la nuit.
« J’ai senti l’odeur de l’essence vers 2h du matin. Quand je suis sorti, j’ai juste remarqué quelques gouttes par terre et je suis retourné au lit. C’est le matin que j’ai réalisé qu’il n’y avait plus de carburant dans mon véhicule. Il avait été vidé « , se désole ce fonctionnaire de Kirundo.
Soupçons de complicité
D’après des habitants dans les deux provinces, les bandits collaboreraient avec des agents de la police dans l’affaire.
« Nous ne comprenons pas comment les bandits parviennent à identifier celui qui a eu du carburant. Mais nous soupçonnons des policiers qui assurent la sécurité sur les stations-services que ce sont eux qui fournissent l’information aux bandits. Ce sont eux qui identifient et notent ceux qui sont servis, une fois qu’il y a du carburant », accusent-ils.
Des veilleurs sont également pointés du doigt
« Des veilleurs ont été renvoyés pour avoir trempé dans le vol de carburant. Ils sont tentés par le prix du carburant au marché noir où un bidon de 20l coûte jusqu’à 250 000 francs burundais. Le prix normal étant de 80 mille à la pompe », disent nos sources à Muyinga.
Des automobilistes indiquent que pour plus de précaution, « nous préférons laisser nos véhicules à des endroits publics sécurisés comme à l’hôpital ou devant les locaux de la province. Là, nous sommes plus rassurés que de veiller nous-mêmes sur nos véhicules ».
À Kirundo, des bandits qui ont été arrêtés ont aussitôt été relâchés, regrettent des habitants, pour qui cela renforce les soupçons de complicité.
« Depuis, nous avons décidé de recourir à la justice populaire. Quand nous attrapons un bandit dans la nuit, nous le punissons sérieusement », avouent des habitants du chef-lieu de province.
Des sources qui ont requis l’anonymat indiquent que le châtiment de bandits va jusqu’à les tuer.
« Et le corps est inhumé en catimini », affirment-elles.
Des sources anonymes au sein de la police révèlent que les délinquants sont libérés ‘’prétendument parce que personne ne leur apporte à manger’’, mais ces sources se disent étonnées que les voleurs ne sont enfermés ‘’que le temps d’une rosée’’.
Par ailleurs, les officiers de police judiciaire sont souvent sous pression de certains cadres de l’administration ‘’pour fermer les yeux sur certains dossiers’’, ajoutent les mêmes sources, qui ne précisent toutefois pas si les dossiers des voleurs de carburant en feraient partie.
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Photo d’illustration : une station-service prise d’assaut par des clients à la recherche du carburant introuvable à Kirundo
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