Bubanza : les résidents forcés d’aller accueillir le flambeau de la paix, les écoles et commerces fermés

Bubanza : les résidents forcés d’aller accueillir le flambeau de la paix, les écoles et commerces fermés

Les commerces, les écoles, l’administration, les résidents… Tout le monde a été forcé d’aller accueillir le flambeau de la paix ce mardi en commune de Bubanza. C’est en province de Bubanza ( ouest du Burundi). La caravane qui a été lancée par le président burundais Évariste Ndayishimiye le 9 novembre dernier, va faire le tour du Burundi pendant 22 jours. À son 18e édition, le flambeau de la paix entrave toutes les activités à son passage. (SOS Médias Burundi)

La vie s’est littéralement arrêtée en commune de Bubanza ce 12 novembre, au passage du flambeau de la paix. La participation à son accueil était obligatoire, a appris SOS Médias Burundi. Les autorités administratives avaient mobilisé les Imbonerakure ( membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti présidentiel) pour s’assurer que « tout le monde y participe ». Ce sont des habitants de la zone de Mitakataka qui ont plus souffert.

« Toutes les allées étaient gardées par les Imbonerakure pour empêcher les agriculteurs de vaquer aux activités champêtres », regrette un résident de Mitakataka.

Et de se plaindre de plus : »les personnes qui ont résisté se sont vu confisquer leurs houes pour les contraindre d’aller participer à l’accueil du flambeau de la paix ».

Même après avoir pris part par force à l’événement, des habitants disent que personne ne pouvait quitter l’endroit avant la fin de la cérémonie.

« Que personne ne quitte ce lieu avant le départ de l’équipe du flambeau de la paix, que personne ne quitte » , c’est le mot d’ordre qui était lancé par le responsable des Imbonerakure à Mitakataka.

Souffrance des élèves

Le lycée et l’école technique de Bubanza ont fermé leurs portes, les élèves ont dû faire 16 kilomètres à pied pour aller s’associer aux résidents de la zone de Mitakataka.

« Ils ont aussi été utilisés dans les travaux de pavage d’un bureau collinaire et de la permanence du CNDD-FDD dans la zone », a remarqué un reporter SOS Médias Burundi. Ces élèves du chef-lieu de province ont rencontré sur place tous les élèves et écoliers de la zone. « Tous les établissements à Mitakataka avaient fermé leurs portes ».

Commerces fermés

D’après des commerçants, le marché de Mitakataka et toutes les boutiques ont été obligés de fermer.

« Nous vivons au jour le jour, si on rate un jour de travail, nous ne mangeons pas… », s’est plaint un habitant de Mitakataka à qui les Imbonerakure ont refusé l’accès à ses champs.

Des boutiques fermées à Mitakataka suite au passage du flambeau de la paix, le 12 novembre 2024 © SOS Médias Burundi

Visiblement, très peu de participants étaient enthousiasmés par l’appel que lançaient les crieurs « alignez-vous, c’est le travail à la chaîne ». Les curieux ne regardaient que la flamme du flambeau luire sans s’éteindre.

« Pourquoi quand le flambeau de la paix transite par chez nous, les autorités administratives et représentants du CNDD-FDD exercent la pression sur nous ? » s’est interrogé un sage de Mitakataka.

Ce qui tient à cœur le président Neva

C’est le président Évariste Ndayishimiye qui a lancé la 18e édition du flambeau de la paix. Il se projette déjà en 2025, l’année électorale.

Le président Neva lance la 18e édition du flambeau de la paix à Buganda dans la province de Cibitoke au nord-ouest du Burundi, le 9 novembre 2024, crédit photo : présidence de la République du Burundi

« Bientôt ce sont les élections. Je vous prie de voter pour les leaders qui ont des programmes politiques susceptibles de contribuer au développement”, a martelé le Numéro Un Burundais convaincu que l’exécution de la Vision 2040-2060 sera possible si le pays se dote des leaders éclaireurs du développement-selon le bureau du chef de l’État burundais. La vision 2040-2060 dans la petite nation de l’Afrique de l’est qui fait face à une Crise-carburant depuis bientôt 47 mois, dont les agriculteurs manquent fertilisants et semences, un pays dont la monnaie locale connaît la pire dépréciation de son histoire et où les habitants peinent à avoir les boissons alcoolisées et les limonades, consiste à transformer le Burundi en un pays émergent en 2040 et développé en 2060.

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Photo : des résidents et accompagnateurs du flambeau de la paix à Mitakataka, le 12 novembre 2024 © SOS Médias Burundi.

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