Nduta (Tanzanie) : une dizaine de réfugiés interpellés
Ils ont été arrêtés par la police de l’immigration dans les villages environnant le camp de Nduta qui n’abrite que des réfugiés burundais. La plupart de ceux qui ont été interpellés sont détenus au centre du district de Kibondo, dans la région de Kigoma au nord-ouest de la Tanzanie. (SOS Médias Burundi)
Les patrouilles autour du camp de Nduta en Tanzanie ont été intensifiées ces derniers temps surtout dans les villages environnant le camp . Objectif selon la police, limiter le nombre des sans-papiers qui se dissimileraient dans les réfugiés.
Ces patrouilles décrites par la police comme une activité de routine se soldent par plusieurs interpellations. Selon des chefs locaux, une dizaine de réfugiés sont en détention. Dans certains villages, les réfugiés disent être dans la peur permanente d’être appréhendés.
Les suspects sont accusés de « violation de l’ordre public » et sont directement acheminés vers la prison de Nyamusivya au chef-lieu du district de Kibondo. N’est relaxé que celui qui paie une amende de 50.000 shillings tanzaniens, une somme jugée exorbitante par plusieurs Burundais, car étant démunis.
« Les cellules sont bondées. Plusieurs personnes y sont détenues sans que leurs familles soient au courant de leur incarcération », dit un homme qui a récemment rendu visite à un proche enfermé dans ce cachot.
« J’ai aussi pu apercevoir des Burundais qui ne sont pas de réfugiés, emprisonnés à Nyamusivya », ajoute-t-il.
La plupart des réfugiés qui sont interpellés sont ceux qui sortent du camp de Nduta pour aller faire des travaux journaliers, des agriculteurs qui se rendent dans leurs champs. Ce sont des propriétés empruntées ou louées aux Tanzaniens de la communauté d’accueil. D’autres réfugiés se font arrêter dans les forêts locales, à la recherche du bois de chauffage.

Fait inquiétant
Chaque réfugié qui est interpellé voit son statut de réfugié lui confisquer. Ce qui inquiète les réfugiés.
« Ce qui signifie que le concerné pourrait se retrouver sur la liste des rapatriements forcés, déguisés en retours volontaires », craignent des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.
A Nduta, les leaders locaux s’activent pour sensibiliser les réfugiés en leur recommandant de ne plus sortir sans autorisation, au risque d’être interpellés.
Ils appellent la direction du camp et le HCR à plaider pour ces gens car étant sous leur responsabilité.
LIRE AUSSI :
Nduta compte plus de 58.000 réfugiés burundais. Ses occupants ont fui la crise de 2015 consécutive à un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza la même année, pour la plupart.
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Photo : une pancarte d’indication du tribunal du district de Kibondo qui juge les réfugiés burundais © SOS Médias Burundi
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