Kiremba : le champignon, une alternative à la viande grâce à son prix abordable
La coopérative mixte Upendo de Musasa s’impose comme un acteur majeur dans la production de champignons au nord du Burundi. Située dans le camp de réfugiés congolais de Musasa, dans la commune de Kiremba, province de Ngozi, cette coopérative produit une quantité significative de champignons destinés au marché local. (SOS Médias Burundi)
Face à la flambée des prix des produits de première nécessité, les champignons deviennent une alternative de choix à la viande. Alors qu’un kilogramme de viande de bœuf coûte 28 000 francs burundais, le kilogramme de champignons est vendu à seulement 6 000 francs. Cette différence de prix offre une option nutritive et accessible pour de nombreuses familles.
Une solution à la portée des consommateurs
Pour beaucoup de consommateurs, acheter de la viande est devenu impossible. Ils se tournent alors vers des alternatives plus abordables comme les champignons. La coopérative Upendo, qui regroupe 31 membres – dont 28 réfugiés et 3 membres de la communauté hôte – produit environ 616 kilogrammes de champignons chaque mois. Ces champignons, vendus à un prix abordable, répondent aux besoins nutritionnels de nombreuses familles tout en atténuant les effets de la hausse des prix.
Selon les habitants, cette coopérative ne se limite pas à fournir une source de nourriture. Elle joue également un rôle essentiel dans le renforcement des relations entre réfugiés et communauté hôte, favorisant ainsi la cohésion sociale et un sentiment d’appartenance. En luttant contre la malnutrition, notamment chez les enfants, elle contribue à améliorer les conditions économiques locales en générant des revenus pour ses membres.
Une demande en forte croissance
« Ces derniers jours, les clients sont plus nombreux qu’avant suite à l’augmentation du prix de la viande. Les gens viennent chercher nos champignons. Nos prix sont plus abordables et les champignons sont très nutritifs », explique un membre de la coopérative Upendo.
Un autre membre ajoute : « Beaucoup viennent de loin. Les habitants de Musasa mais aussi ceux des collines environnantes achètent nos champignons, surtout en cette période de fêtes. La demande ne cesse de croître. Nous recevons même des clients du camp voisin de Kinama, ainsi que d’autres de Masanganzira, Muyinga et Bujumbura. »
Une cliente rencontrée sur place témoigne : « Je ne peux pas me permettre d’acheter de la viande en ce moment. Les champignons sont non seulement abordables, mais aussi délicieux. J’achète régulièrement ici et je soutiens leur initiative. »
Les causes de la flambée des prix de la viande
La hausse des prix de la viande trouve ses racines dans plusieurs facteurs. Depuis l’adoption de la loi gouvernementale sur la stabulation permanente et l’interdiction de la divagation du bétail, les éleveurs sans cultures fourragères ont été contraints de vendre leur bétail, réduisant ainsi l’offre sur le marché. Par ailleurs, la pénurie de carburant a aggravé la situation. Les prix des animaux ont quadruplé : une chèvre, qui valait 60 000 francs l’année dernière, en coûte aujourd’hui quatre fois plus, tandis qu’une vache locale atteint des sommets.
Un projet porteur d’espoir
La coopérative Upendo bénéficie du soutien du Projet de développement communautaire intégré au Burundi (PRODECI-TURIKUMWE), financé par la Banque mondiale. Le camp de Musasa, qui abrite environ 9 000 réfugiés, profite directement des initiatives de cette coopérative, qui joue un rôle crucial dans l’amélioration des conditions de vie locales.
En répondant à une demande croissante, tout en favorisant la cohésion sociale et la sécurité alimentaire, la coopérative Upendo incarne un modèle de résilience et de collaboration communautaire.
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Photo : un petit marché du camp de Musasa où les champignons de la coopérative Upendo sont écoulés, décembre 2024 © SOS Médias Burundi
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