Kakuma (Kenya) : le manque de cimetière frustre les réfugiés
SOS Médias Burundi
Kakuma, 25 septembre 2025 — Au camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, la surpopulation et le manque d’espace posent de sérieux défis aux habitants, notamment pour garantir des conditions dignes pour l’inhumation de leurs défunts. La situation devient critique pour des milliers de réfugiés, dont de nombreux Burundais, qui peinent à trouver un lieu pour enterrer leurs proches.
Le cimetière central du camp de Kakuma, situé à l’extrémité de la zone Kakuma 3, est saturé depuis des mois, laissant de nombreux réfugiés sans lieu pour inhumer leurs défunts.
« C’est dommage alors que la dernière demeure, un lieu sacré, ne devrait jamais manquer ! », s’exclament-ils. Le cas le plus alarmant concerne un réfugié burundais décédé la semaine dernière. Sa famille a dû chercher partout un endroit où l’enterrer, en vain, et a failli se résoudre à l’enterrer dans un caniveau.
L’administration du camp recommande désormais aux familles d’utiliser le cimetière de Kalobeyei, un agrandissement de Kakuma situé à plus de 10 km. Ce déplacement s’avère long et coûteux, limitant souvent le nombre de personnes pouvant accompagner le défunt. « Nous nous sommes retrouvés à cinq, la dépouille transportée sur une moto. C’est vraiment inadmissible », raconte un leader local qui a assisté à cet enterrement qu’il qualifie de honteux.
La seule dernière demeure disponible sert actuellement plus de 200.000 réfugiés du camp, pour la plupart depuis plus de dix ans. Selon un réfugié congolais âgé, Kakuma enregistre en moyenne cinq décès par mois, ce qui rend la situation critique.
L’administration du camp attribue cette situation à la surpopulation et au manque d’espace. Les réfugiés appellent le HCR et le gouvernement kenyan à identifier d’autres terrains pour créer des cimetières, afin de garantir la dignité humaine jusqu’à la dernière demeure.
Kakuma et son extension Kalobeyei abritent actuellement plus de 250.000 réfugiés, dont environ 25.000 Burundais.
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Photo : Kakuma, nord-ouest du Kenya : Le corps d’un réfugié dans un camp où la surpopulation et le manque de cimetière compliquent l’inhumation des défunts. © SOS Médias Burundi
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