Burundi : arrestations arbitraires et détentions injustifiées de Congolais, la justice pointée du doigt

Burundi : arrestations arbitraires et détentions injustifiées de Congolais, la justice pointée du doigt

SOS Médias Burundi

Muyinga, 15 novembre 2025 — Jean-Pierre Kagalanu, Yohana Munga, Omar Byamungu, Louis Ombeni Banyanga, Gafarasi Kimanuka Bisongo, Claude Ndungutse, Jean-Paul Mbonimpa, Tantine Nyakumi, Brigitte Kabulo Mukamba… autant de prénoms et noms qui illustrent la détention de Congolais dans plusieurs prisons du Burundi, entre la province de Butanyerera au nord, la province de Buhumuza à l’est, et la frontière de Kavimvira avec la RDC. Ces cas ont été examinés par Alexis Otshudi, deuxième conseiller chargé des Congolais de l’étranger à l’Ambassade de la RDC, lors d’une mission menée du 12 au 14 novembre 2025.

À Ngozi, en province Butanyerera, cinq Congolais sont incarcérés pour divers motifs :

Jean-Pierre Kagalanu, non-déclaration de 180 téléphones ;

Louis Ombeni Banyanga, pour avoir réclamé ces téléphones non déclarés ;

Gafarasi Kimanuka Bisongo, espionnage et absence de documents migratoires ;

Omar Byamungu, vol qualifié, réfugié au camp de Musasa.

Le procureur général a reconnu des incompréhensions linguistiques et promis de réexaminer les dossiers.

À Muyinga, en province Buhumuza, plusieurs réfugiés congolais sont détenus pour homosexualité, faux documents migratoires ou corruption :

Yohana Munga, arrêté pour homosexualité, réfugié au camp de Kinama ;

Claude Ndungutse, faux documents migratoires, réfugié au camp de Musasa ;

Jean-Paul Mbonimpa, lié au même dossier que Claude mais blanchi par la justice ;

Tantine Nyakumi, sœur de Claude, faux documents migratoires, réfugiée au camp de Nyankanda ;

Brigitte Kabulo Mukamba, arrêtée pour corruption et entrée illégale malgré des documents en règle, son dossier nécessitant une vérification militaire liée à son époux. Le procureur a promis sa libération imminente.

Frontière et contexte sécuritaire

La délégation s’est également rendue à la frontière burundo-tanzanienne de Kobero, où le chef de poste a exposé les difficultés sécuritaires, le cordon d’espionnage et la prolifération de faux passeports congolais récemment saisis.

Cette mission intervient dans un contexte difficile pour les Congolais fuyant la guerre dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, partiellement sous contrôle du M23 et selon les experts onusiens soutenu par le Rwanda, ce que Kigali dément. À Bujumbura et Kobero, plusieurs Congolais ont été arrêtés, emprisonnés ou expulsés arbitrairement.

Un membre de la famille d’un détenu a confié à SOS Médias Burundi :

« Nous vivons dans l’incertitude depuis trop longtemps. Beaucoup ici n’ont ni les moyens ni la voix pour défendre leurs détenus. Nous espérons que la venue du conseiller Otshudi permettra d’éclaircir les dossiers et de libérer ceux qui sont injustement retenus. »

Les camps de réfugiés des détenus congolais sont installés dans les deux provinces du nord-est du Burundi, où les conditions de détention et le suivi judiciaire restent préoccupants.

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Photo : Des réfugiés congolais entassés à l’arrière d’un camion, escortés par la police devant une foule de curieux.

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