Butihinda : soins refusés et négligence à l’Hôpital de Gashoho, les réfugiés congolais abandonnés
SOS Médias Burundi
Butihinda, 26 février 2026- Les réfugiés congolais vivant dans les camps de Kinama, en province Buhumuza, et Musasa, en province Butanyerera, dans l’est et le nord de la petite nation de l’Afrique de l’Est, font face à d’importants défis en matière de santé.
Ces derniers mois, les transferts pour des soins intensifs vers l’Hôpital de district de Gashoho, situé dans la commune de Butihinda, ont fortement diminué. Cette situation est imputable aux contraintes budgétaires auxquelles sont confrontées plusieurs organisations internationales, dont le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires de santé, dont Trauma Healing and Reconciliation Services (THARS-Burundi).
Des besoins médicaux dépassant les capacités locales
Les deux camps abritent plus de 16 000 réfugiés congolais. Les cas d’urgence dépassant les capacités des centres de santé des camps — notamment les femmes enceintes nécessitant une césarienne, les enfants souffrant de pathologies sévères ou les adultes présentant des complications aiguës — sont habituellement transférés à Gashoho.
Cependant, seuls les cas jugés extrêmement critiques sont désormais pris en charge, laissant certains patients sans soins adaptés.
Des plaintes sur la qualité des services
Plusieurs réfugiés dénoncent les conditions de prise en charge à l’hôpital. Un réfugié anonyme rapporte :
« On nous a demandé d’acheter des médicaments dans des pharmacies privées parce que l’hôpital n’en avait pas suffisamment. Les infirmiers nous envoient aussi faire certains examens dans des cliniques privées, notamment à Masanganzira et à Muyinga. Cela coûte très cher pour nous. Nous demandons au HCR et à ses partenaires de collaborer avec d’autres hôpitaux où les services sont mieux organisés et adaptés. Nous avons besoin de soins dignes et complets. »
Problèmes d’approvisionnement en eau
L’Hôpital de Gashoho fait également face à des coupures fréquentes d’eau. L’approvisionnement de la Regideso, la seule entreprise étatique en charge de la distribution de l’eau et de l’électricité, est irrégulier. Les patients utilisent souvent l’eau de pluie collectée dans des citernes, tandis que les gardes-malades doivent parcourir plus d’un kilomètre pour s’approvisionner à un robinet public.
Mwavuta, réfugiée du camp de Kinama et garde-malade, explique :
« Chaque jour, je dois aller chercher de l’eau loin de l’hôpital. Je fais plusieurs allers-retours avec des bidons pendant que mon proche malade reste seul. Sans eau, il devient difficile d’assurer l’hygiène et le nettoyage. »
Transferts limités vers d’autres structures
Certains cas plus complexes sont orientés vers d’autres hôpitaux, notamment à Muyinga, Kiremba, Ngozi et, plus rarement, Kibuye, en province de Gitega (centre). Ces transferts restent toutefois limités et dépendent fortement des ressources disponibles.
Dans ce contexte de pressions budgétaires persistantes et de besoins croissants, la prise en charge des soins intensifs pour les réfugiés demeure un défi humanitaire majeur, laissant ces populations vulnérables à leur sort.
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Photo : Un jeune homme passe à côté d’une ambulance transportant des réfugiés malades vers l’Hôpital de Gashoho, où les soins restent insuffisants et les patients vulnérables. © SOS Médias Burundi
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