Burundi : au 64ᵉ anniversaire de l’indépendance, le président Ndayishimiye s’en prend aux “colons”, à l’Église et à la société civile

Burundi : au 64ᵉ anniversaire de l’indépendance, le président Ndayishimiye s’en prend aux “colons”, à l’Église et à la société civile

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 1er juillet 2026 – Le Burundi a célébré ce mercredi le 64ᵉ anniversaire de son indépendance, acquise le 1er juillet 1962. À cette occasion, le président Évariste Ndayishimiye s’est adressé à la Nation dans un message de moins de trente minutes diffusé par la Radio Télévision nationale du Burundi (RTNB) et relayé par plusieurs médias. Le chef de l’État a consacré une large partie de son intervention à une dénonciation de l’héritage colonial, ainsi qu’à de vives critiques contre l’Église catholique, les intellectuels et les organisations de la société civile, qu’il accuse de relayer des intérêts étrangers.

Dans son discours, le président a mobilisé une référence biblique en comparant les divisions au sein de la société burundaise à l’épisode de la tour de Babel, tiré du Livre de la Genèse. Dans ce récit, les hommes parlant une même langue entreprennent de construire une tour atteignant le ciel, avant que Dieu ne brouille leur langage, provoquant leur dispersion et leur incapacité à se comprendre. Évariste Ndayishimiye a utilisé cette image pour illustrer, selon lui, les divisions héritées de la période coloniale.

« Ce sont les colons qui ont créé les divisions entre les Burundais », a-t-il affirmé, estimant que ces fractures continuent d’affecter la cohésion nationale plus de six décennies après l’indépendance.

Un pays « riche » malgré son classement économique

Le chef de l’État a contesté les classements internationaux qui situent le Burundi parmi les pays les plus pauvres du monde.

Selon lui, le pays dispose d’importantes ressources naturelles insuffisamment valorisées.

« Le Burundi est riche parce que nous avons des ressources naturelles. Ce sont ces mêmes colons qui sont allés jusqu’à cacher notre carte géologique et qui reviennent aujourd’hui pour nous qualifier de pays le plus pauvre », a-t-il déclaré.

Ces propos interviennent alors que le pays traverse depuis plusieurs années une crise économique marquée par une pénurie persistante de carburant, des ruptures régulières de produits de première nécessité et une inflation qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages.

Le président a affirmé que les Burundais, en travaillant davantage, peuvent transformer leur économie et attirer, à terme, des populations étrangères venues s’installer dans le pays.

Nouvelles critiques contre les évêques et la société civile

Évariste Ndayishimiye est également revenu sur les critiques récemment formulées par les évêques catholiques du Burundi, qui ont exprimé leurs préoccupations concernant la situation des droits humains, la gouvernance et les conditions de vie de la population.

Sans les citer nommément dans cette partie de son intervention, il a dénoncé des prises de position qu’il juge influencées par des intérêts extérieurs.

Références au Parti démocrate chrétien (PDC)

Le président a également évoqué à plusieurs reprises le Parti démocrate chrétien (PDC), formation politique active à l’époque de la colonisation belge. Il a rappelé que ce parti s’opposait à la ligne de l’UPRONA du prince Louis Rwagasore, qui défendait une indépendance immédiate.

Selon lui, le PDC a défendu une transition progressive sous tutelle belge et a entretenu des liens étroits avec les autorités coloniales ainsi qu’avec l’Église catholique, alors dominante dans le pays.

Le chef de l’État a répété à plusieurs reprises que ce courant politique s’est trouvé « à la solde des colons », établissant un parallèle avec certaines critiques contemporaines adressées à son gouvernement par des acteurs religieux et de la société civile.

Critiques contre les intellectuels et les ONG

Le président Ndayishimiye s’en est également pris aux intellectuels et aux organisations de la société civile burundaise, qu’il accuse de relayer des discours étrangers.

« Jusqu’à présent, c’est regrettable de voir qu’il y a des gens qui se comportent comme des surveillants travaillant pour le compte des colons », a-t-il déclaré.

Selon lui, les rapports critiques publiés par certaines organisations nationales ou internationales constituent des attaques contre l’État burundais.

« Au lieu de faire un clin d’œil aux autorités lorsqu’il y a des problèmes, ils nous accusent », a-t-il déploré.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions persistantes autour des questions de gouvernance, de droits humains et de conditions socio-économiques dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.

Des célébrations officielles à travers le pays

Les cérémonies du 64ᵉ anniversaire de l’indépendance ont été marquées par des défilés civils et militaires, des prestations culturelles et des rassemblements officiels organisés dans plusieurs provinces du pays.

Le 1er juillet, qui commémore l’accession du Burundi à l’indépendance vis-à-vis de la Belgique en 1962, constitue un jour férié et payé sur l’ensemble du territoire national.

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Photo : Le président Ndayishimiye s’en est pris aux “colons”, à l’Église catholique, aux intellectuels et aux organisations de la société civile, qu’il accuse de relayer des intérêts étrangers dans son message à la Nation prononcé à l’occasion du 64ᵉ anniversaire de l’indépendance du Burundi. © SOS Médias Burundi

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