Gitega : un homme qui a des troubles mentaux en détention pour sa sympathie aux putschistes
Emmanuel Ntakiyiruta, ingénieur de formation, 58 ans est détenu à la prison centrale de Gitega (capitale politique) depuis le 4 mars. C’est un cadre du département de la protection des végétaux au ministère en charge de l’environnement. Il est reproché à ce cinquantenaire d’avoir demandé la libération immédiate des putschistes dont l’ex général Cyrille Ndayirukiye, numéro deux dans le coup d’État raté du printemps 2015. (SOS Médias Burundi)
Selon un témoin, M. Ntakiyiruta s’est rendu devant la prison de Gitega le 4 mars matin. À haute et intelligible voix, il a réclamé la libération immédiate et sans condition des putschistes qui purgent une peine d’emprisonnement à vie à cette maison d’arrêt parmi lesquels l’ex général Cyrille Ndayirukiye, numéro deux dans le coup d’État raté du 13 mai 2015. « Ils sont braves et ont agi pour l’intérêt supérieur de la nation. Ils voulaient libérer une population misérable prise en otage par un pouvoir sanguinaire. Ce sont plutôt les dirigeants issus du CNDD-FDD qui devraient être emprisonnés », a-t-il crié devant l’entrée principale de la prison de Gitega.
Ces propos lui ont coûté la prison, malgré la présentation des documents médicaux qui prouvent son traitement d’une injection mensuelle d’Haldol (un antipsychotique) au centre des soins mentaux de Gitega. La police a refusé sa libération.
Selon un des proches, jeudi 11 mars 2021,devant l’OPJ( Officier de police judiciaire), Emmanuel Ntakiyiruta a refusé de s’exprimer expliquant que jusqu’à présent il n’existe pas de « police professionnelle ». « Des preuves qui témoignent encore une fois qu’il a des troubles mentaux », selon des proches. Des membres de sa famille dénoncent une interpellation et détention « abusive » et exigent sa libération.
________________
Photo : Emmanuel Ntakiyiruta /DR
You might also like
Cibitoke: surnombre dans le cachot provincial de la police
Ils sont 159 individus à être détenus dans le cachot du commissariat provincial de la police à Cibitoke (nord-ouest du Burundi). Parmi eux quatre mineurs. Certains détenus attendent d’être transférés
Disparition de Nkurunziza : « Il part sans que la vérité sur ses crimes soit connue » (HRW)
Pour l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch, le président burundais Pierre Nkurunziza laisse derrière lui un héritage de « répression impitoyable ». ( SOS Médias Burundi) En réaction à
Goma : des centaines de cas de violences sexuelles enregistrés à Kanyarutchinya
Des cas de violences sexuelles, depuis la résurgence du M23, ont explosé dans le village de Kanyarutchinya, situé en territoire de Nyiragongo et à Bulengo à l’ouest de la ville
