Rutana-Makamba : des changeurs de monnaie rackettés

Rutana-Makamba : des changeurs de monnaie rackettés

Des changeurs de monnaie des communes frontalières avec la Tanzanie disent être victimes de racket. Ils disent être obligés de payer des pots de vin pour continuer à exercer leur métier de changeurs ou cambistes. (SOS Médias Burundi)

Des changeurs de monnaie des provinces de Rutana (sud-est du Burundi) et de Makamba (sud du pays), frontalières avec la Tanzanie affirment être victimes d’extorsion d’argent. Ce sont des responsables locaux de la police qui sont pointés du doigt.

En cause, la clandestinité dans laquelle ils sont plongés depuis la décision du gouvernement de fermer les bureaux de change. C’était début février 2020.

Pourtant les commerçants des communes de Giharo et Bukemba en province de Rutana et de Kayogoro, Kibago et Mabanda en province de Makamba continuent leur commerce transfrontalier en faisant des navettes entre les deux pays. Les commerçants tanzaniens font le même circuit.

Il faut donc que le change de monnaie continue pour permettre les transactions transfrontalières. Le shilling tanzanien étant la monnaie utilisée par les commerçants. Le change du shilling tanzanien en francs burundais et vice-versa s’opère entre les deux frontières comme l’expliquent des changeurs de monnaie contactés.

« Nous sommes victimes de racket de certaines autorités policières. Elles nous imposent des sommes d’argent à leur verser à la fin de chaque mois », dit en colère un changeur exerçant ses activités en commune de Giharo de la province de Rutana.

Et d’ajouter, « chaque commissaire communal de la police affecté ici chez nous, nous impose une somme mensuelle qui doit lui être versée. Si tu refuses, tu risques de tout perdre car on travaille dans l’illégalité », expliquent des cambistes du chef-lieu de la commune de Mabanda.

« Certains responsables policiers et agents du SNR (Service national de renseignements) nous imposent de payer des pots de vin sous prétexte qu’on travaille en clandestinité. On est obligé de collecter de l’argent pour leur donner afin qu’ils nous laissent tranquilles car avant ils organisaient des rafles et nous prenaient tout notre argent », témoigne un changeur rencontré au poste frontière de Mugina en commune de Mabanda.

Ces changeurs demandent aux autorités locales de les laisser excercer leur métier dans la tranquillité étant donné qu’elles aussi font recours aux changeurs quand ils se rendent en mission en Tanzanie et qu’ils ont besoin du shilling. Sans compter le commerce transfrontalier entre le Burundi et la Tanzanie.

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Photo : la poste frontière de Mugina entre le Burundi et la Tanzanie

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