Nduta (Tanzanie) : deux jeunes réfugiés burundais torturés
Les deux jeunes réfugiés ont été torturés dans le camp de Nduta en Tanzanie. Des policiers sont pointés du doigt . Mais ils rejettent en bloc ces accusations. (SOS Médias Burundi)
Évariste a été retrouvé ce dimanche, agonisant au niveau de la zone 7, village 9.
« Cela faisait deux jours qu’il avait été arrêté par la police l’accusant de tenir un petit commerce de légumes tout près de chez-lui. L’on pensait qu’il allait au moins être détenu dans les cachots comme on a l’habitude de le constater. Mais du coup il a été découvert agonisant, inconscient, ne bougeant ni ne parlant pas», a constaté sa famille.
Il a été vite transféré à l’hôpital du district de Kibondo dans la région de Kigoma au nord-ouest de la Tanzanie où est installé le camp de Nduta. Sa famille exige des sanctions envers des policiers qui l’avaient interpellé.
« Même leurs noms sont connus. Pourquoi ils torturent les gens sans qu’aucune enquête ne soit exigée? Cette injustice doit être combattue. Nous devons être traités comme des humains. S’ils ne sont pas punis, nous allons constater et savoir que c’est le plan du gouvernement de nous pourchasser injustement », lancent des Burundais de Nduta.
Dix jours avant, il s’agissait d’un autre cas de torture d’un réfugié par des gens inconnus.
« Notre voisin Claude surnommé Dogo avait aussi d’abord disparu, enlevé de chez-lui dans la nuit par des personnes non encore identifiées. Elles l’ont battu et l’ont emballé dans un sac avant de le jeter au niveau de la zone 18 alors qu’il vivait dans la zone 6, village 23. C’est vraiment honteux, criminel », se lamentent ses voisins.
Sa famille et ses voisins jettent toujours le tort à la police qui garde le camp de Nduta.
« Quand on l’a emmené à l’hôpital, la police s’est interposée et a refusé à son épouse de le voir ou le garder. C’est donc dire que la police y est pour quelque chose. Nous demandons que ces cas de torture cessent et que les auteurs soient punis conformément à la loi », soulignent-ils.
Cette année, le nombre de cas d’arrestations arbitraires et de torture des réfugiés avaient sensiblement diminué.
Les réfugiés appellent les autorités tanzaniennes et le HCR à agir et à leur garantir une protection réelle.
La police tanzanienne indique ne pas être au courant des deux cas. Le camp de Nduta compte près de 77 mille réfugiés Burundais.
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Photo d´archives : une pancarte de la zone C du camp de Nduta
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