Burundi : la surpopulation carcérale avoisine 200% (ministre de la justice)
La ministre en charge de la justice est en tournée dans différentes provinces du Burundi. Domine Banyankimbona déplore le comportement des juges qui envoient en prison les gens pour les infractions mineures. Elle regrette le fait qu’au Burundi « envoyer les gens en prison est devenu un principe alors que sous d’autres cieux c’est une exception ». (SOS Médias Burundi)
Partout c’est le même message : éviter d’envoyer les gens dans les maisons d’arrêt pour de simples délits.
La ministre Banyankimbona affirme qu’il a été remarqué lors de différentes rencontres du conseil des ministres que « les gens sont menacés par les actions des salariés du système judiciaire,des juges et des magistrats ».
Elle reçoit les doléances et plaintes des justiciables écœurés.
Domine Banyankimbona exhorte les juges à « adopter des stratégies visant à éviter des décisions partiales ». Pour les affaires de viol ,elle est très sévère.
« On ne joue pas avec les cas de viol. Si vous continuer de libérer les auteurs de viol, demain ce sont nos enfants et petits-enfants qui seront victimes d’agressions sexuelles », a-t-elle insisté en province de Cibitoke (nord-ouest du pays) après avoir appris un cas d’un auteur de viol qui a été libéré après deux mois de détention seulement. La mère de la victime (fillette de cinq ans) dit « être traumatisée ».
Surpopulation carcérale
Selon la ministre en charge de la justice, plusieurs détenus qui séjournent dans les maisons d’arrêt devraient être en liberté.
« Comment voulez-vous que l’on évolue. On envoie les gens en prison pour un rien. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne », répète-t-elle.
Et de se désoler « Mettre les gens en détention est devenu un principe au Burundi. Sous d’autres cieux, c’est une exception ».
Pour le mouvement des filles et femmes burundaises pour la paix et la sécurité, beaucoup de prisonniers meurent de faim, n’ont pas de salles suffisantes pour dormir et n’accèdent pas facilement aux soins de santé. Ce mouvement estime que « les juges devraient respecter l’éthique et la déontologie, faire des analyses qui s’imposent avant de prononcer un jugement ».
Jeanne d’Arc Zaninyana ,directrice exécutive de ce mouvement demande à la ministre en charge de la justice de « prendre des mesures allant dans le sens de mettre fin à cette situation au lieu de discourir seulement ».
« Mais ce qu’elle dit relève de la pure vérité », trouve-t-elle.
Selon les chiffres donnés par les associations de défense des droits de prisonniers et de la direction générale des affaires pénitentiaires, les 11 prisons que compte la petite nation de l’Afrique de l’est hébergent près de 13.000 détenus alors qu’elles ont une capacité d’accueil de 4.149 personnes seulement.
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Photo d’archives : des prisonniers dans une prison au Burundi
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