Nyarugusu (Tanzanie) : des centres de santé refusent d’accueillir des patients burundais
Plusieurs réfugiés burundais ne sont plus accueillis dans les centres de santé au camp de Nyarugusu en Tanzanie. Il s’agirait d’une pression pour les contraindre au rapatriement « volontaire», qualifié de « forcé » par les concernés.Ils en appellent au HCR d’assurer leur protection. Au début de ce mois, une réunion tripartite entre le Burundi, la Tanzanie et le HCR a eu lieu. Les trois parties ont opté pour une fin progressive de statut de réfugiés burundais qui devront rentrer en raison de 2000 personnes par mois jusqu’à la fermeture des camps.(SOS Médias Burundi)
Notre reporter a réussi à entrer au centre de santé de la zone 8 au camp de Nyarugusu en Tanzanie très tard dans la nuit, ce mardi. Des patients burundais avaient alerté qu’ils ne sont plus reçus.
« J’y suis allé comme un malade. Ce que j’ai constaté est déplorable. Pas de service d’accueil, des patients allongés à même le sol ou sur les chaises, des enfants qui agonisent, des femmes qui voulaient faire l’échographie après avoir senti des douleurs,… », a-t-il constaté.
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Des infirmiers, Tanzaniens, semblaient ne pas se soucier de leur situation.
« Ils nous ont tout simplement sommés de rentrer et de revenir le lendemain, or il y avait des gens qui venaient d’y passer deux ou trois jours sans être consultés. Ils se moquaient de nous, disant qu’il ne reste plus d’assistance médicale pour nous les Burundais », poursuit-il.
“Vous devez rentrer vous faire soigner chez-vous sans attendre le mois de février qui sera pire pour vous », ont proféré des menaces des salariés de la structure sanitaire.
Les réfugiés burundais se demandent ce qui va se passer au mois de février prochain.
Selon une certaine opinion, c’est à partir de ce mois que les conclusions de la dernière réunion tripartite entre le Burundi, la Tanzanie et le HCR seront mises en exécution.

Ladite réunion, tenue au début de ce mois de décembre à Dar-es-Salaam en Tanzanie, a tranché pour « une fin progressive de statut de réfugiés burundais, qui devront nécessairement rentrer en raison de 2000 personnes chaque mois jusqu’à la fermeture des camps ».
Ces Burundais demandent au HCR de continuer à assurer une protection effective pour ceux qui n’ont pas encore choisi le chemin retour, comme cette agence onusienne l’a promis dans cette réunion qui a inquiété les réfugiés.
À Nyarugusu, le processus semble se précipiter.
« Quand les infirmiers nous disent d’aller nous procurer des médicaments dans les pharmacies privées, sans ordonnance ni consultation ou prescription sachant que nous sommes démunis, quand ils nous refusent le droit à la santé, c’est déjà le début de notre chemin de croix », se désolent des pères de famille.
« Les autorités tanzaniennes veulent que nous mourrions avant même notre rapatriement forcément forcé », déplorent-ils.
En octobre dernier, trois centres de santé avaient été fermés. Ni le HCR ni l’administration du camp, n’a fourni d’explications aux réfugiés sur la fermeture de ces trois structures sanitaires jusqu’à présent.
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Il s’agit de centres de santé qui pouvaient aussi interner des malades : deux de la zone 9 et un de la zone 11.
« Comment est-ce que deux hôpitaux des zones 8 et 10 vont pouvoir recevoir des patients qui débordaient déjà cinq structures sanitaires ? C’est une mesure injuste et inhumaine », se lamentaient des représentants de réfugiés.
Pour le moment, seuls des cas d’urgence et des accouchements sont priorisés.
Nyarugusu compte plus de 50 mille réfugiés burundais, en plus de 60 mille autres congolais qui ne sont pas concernés par « ces mesures de répression des autorités tanzaniennes, une situation discriminatoire entretenue par le HCR », chargent les réfugiés burundais.
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Photo : des femmes attendent d’être reçues au centre de santé de la zone 8 à Nyarugusu, en vain
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