Bujumbura : grogne de policiers lésés
Des agents de la police nationale du Burundi (PNB) sont frustrés suite à la discrimination observée dans la distribution du matériel de service.La distribution des tenues, bottines et bérets a été effectuée alors que ces policiers venaient de passer trois ans sans recevoir le moindre matériel. (SOS Médias Burundi)
Selon des informations fournies par agents de l’ordre, la police burundaise est en train de distribuer du matériel de service dans tous les commissariats du pays.
À la grande surprise des policiers, certains n’en reçoivent pas.
Selon eux, leurs supérieurs leur disent qu’ils ne peuvent pas tous recevoir de matériel car les commissariats n’ont reçu que la moitié du matériel nécessaire.
Pour faire la distribution, des critères ont été établis notamment en commençant par la discipline des policiers.
Les « indisciplinés » ou ceux qui ont eu beaucoup de sanctions sont exclus de cette distribution.
Les policiers qui se sentent lésés jugent ces critères sans fondement. Ils disent ne pas comprendre pourquoi ils ne sont pas servis alors qu’ils venaient de passer trois ans sans recevoir de matériel de travail.
Ils expliquent par ailleurs que certes le matériel composé de chaussures, tenues et bérets est distribué, mais qu’il est payé par eux-mêmes à partir de leur solde.
Certains se demandent comment ils vont se rendre au même service avec des tenues d’apparence différente. Ils protestent contre ce qu’ils qualifient d’injustice sans nom dans cette distribution.
Certains officiers contactés expliquent que la dernière distribution date d’il y a entre deux à trois ans, alors qu’en temps normal, il est prévu deux à trois distributions par an et par policier.

Ces hauts gradés disent que c’est insensé de faire la distribution du matériel à une partie du personnel alors tous doivent se retrouver au même service.
Ils ajoutent que cela se faisait souvent remarquer à l’époque où le directeur général de la police était Alain Guillaume Bunyoni, ancien premier ministre condamné à la prison à vie début décembre 2023. Ils expliquent qu’à cette époque, les policiers, par honte des tenues qui étaient déchirées ou totalement délavées, allaient en renouveler la couleur chez des particuliers dans des quartiers en mairie de Bujumbura, la ville commerciale.
Ces officiers appellent eux aussi les autorités hiérarchiques à faire la lumière sur cette situation.
Un porte-parole de la PNB n’était pas disponible pour répondre à nos questions.
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Photo d’illustration : des policiers burundais dans un défilé en marge de la fête de l’indépendance du Burundi dans la ville commerciale Bujumbura
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