Kayanza : la participation aux travaux communautaires devient obligatoire pour avoir du sucre
Les habitants de la ville de Kayanza (nord du pays) sont contraints de participer aux travaux communautaires pour être autorisés à acheter du sucre. Des habitants dénoncent une pratique qu’ils qualifient d’injuste et non démocratique des autorités. (SOS Médias Burundi)
La pratique est nouvelle. Elle a été instaurée par des autorités administratives, selon des habitants.
« Quand il y a du sucre, parce que ce produit est devenu très rare, on nous oblige de faire d’abord des travaux communautaires. Ensuite on a l’autorisation de pouvoir en acheter. Cette pratique est illégale. Nous considérons cela comme un double achat », s’insurgent des habitants du chef-lieu de la province qui ajoutent que « même les malades ne sont pas épargnés ».
Ils indiquent que le sucre est devenu un produit tellement rare que la province peut passer un mois sans être approvisionnée.
En cette situation de pénurie du sucre, les parents éprouvent des difficultés à servir du thé aux enfants qui vont à l’école le matin. Et quand on en trouve, son prix peut aller jusqu’à 10 000 francs burundais le kilogramme, alors que le gouvernement l’a fixé à 3500 francs.
De son côté, l’administration provinciale qui reconnaît qu’il y a pénurie du sucre, indique toutefois que le prix officiel est respecté.
Pour ce qui concerne les travaux communautaires, l’administration communale justifie l’obligation d’y participer par ‘’la nécessité d’avoir un pays propre’’, mais réfute le fait que cela soit lié à l’accès au sucre.
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Photo d’illustration : le marché provincial de Kayanza au nord du Burundi
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