Cibitoke : grogne des producteurs de maïs
Des cultivateurs de maïs se lamentent, certains pour n’avoir pas vendu leur récolte, d’autres pour n’avoir pas encore reçu l’argent issu de leur récolte vendue au gouvernement à travers ANAGESSA.Ils demandent que cette institution respecte ses engagements.Le gouverneur tranquillise. (SOS Médias Burundi)
Toute récolte de maïs est désormais achetée par l’Agence Nationale de Gestion du Stock Stratégique Alimentaire (ANAGESSA), organe de l’Etat, à 1700 francs burundais le kilo, en vue de protéger la production, a justifié le gouvernement.
Selon une source locale, la production de maïs danse les six communes que la province Cibitoke compte, est déjà acheminée dans les stocks de l’ANAGESSA.
« Ce qui est étonnant, les agriculteurs n’ont pas été jusqu’ ici payés depuis plus d’une semaine », indique une source proche du dossier.
Très remonté, un agriculteur de Rugombo ne cache pas son désespoir.
« L’attente est longue alors que nous avons beaucoup de charges à assurer comme les soins de santé et payer les frais de scolarité de nos enfants », explique-t-il avec désespoir.
Dans le même ordre d’idées, un autre agriculteur de Buganda fustige cette pratique qui, à ses yeux, n’est pas de nature à la fois à favoriser la libre commercialisation et circulation des marchandises.
D’après des agriculteurs, la longue période d’attente cause un préjudice énorme en termes de remboursement de crédits agricoles contractés.
« Les institutions financières continuent de comptabiliser les intérêts et le risque est élevé d’être incapable de rembourser la totalité du crédit contracté pour une grande majorité des agriculteurs », insistent-ils.
Globalement, la situation se complique davantage pour l’ensemble des producteurs de maïs.
Tel est le cas de cet agriculteur de la commune Bukinanyana qui estime que ce type de monopole dans l’achat du maïs comporte plusieurs risques.
Il fait savoir que chaque agriculteur est autorisé à vendre seulement dans un premier temps une quantité ne dépassant pas 500 kilos.
En cas de production supérieure à cette dernière, le maïs risque de pourrir dans les stocks des ménages dans l’intervalle qui s’écoule entre la première et la deuxième livraison.
À ce niveau, d’après un ingénieur communal rencontré sur place, « le pourrissement est à craindre également pour de grosses quantités de maïs déposées dans les stocks de l’ANAGESSA souvent conservées dans de mauvaises conditions ».
Cet ingénieur déplore également le manque de communication où peu d’informations sur l’état d’avancement du processus de paiement pour les agriculteurs.
« L’Etat à travers l’ANAGESSA devrait honorer ses engagements pour ne pas perdre de crédibilité », estime le fonctionnaire.
Le responsable du bureau provincial de l’environnement et de l’agriculture affirme ne pas être au courant des procédures et de l’organisation de l’ANAGESSA qui achète le maïs auprès des paysans.
Sur les inquiétudes des agriculteurs, le gouverneur de Cibitoke tranquillise. Carême Bizoza demande de la patience.
Sur une question comparant cette situation de paiement tardive de l’argent des producteurs de maïs à celle des producteurs de coton qui n’ont pas encore eu leur dû depuis juillet 2023,M.Bizoza explique que les deux situations sont diamétralement opposées.
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Photo : une cultivatrice dans un champ de maïs en province de Kirundo au nord du Burundi
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