Tanzanie : Coup dur pour les réfugiés burundais, écoles et églises verrouillées à Nyarugusu et Nduta
SOS Médias Burundi
Kigoma, 1er octobre 2025 –L’année scolaire 2025-2026 commence dans l’incertitude pour des milliers d’enfants réfugiés burundais en Tanzanie. Depuis ce lundi, plus de dix établissements scolaires, dont quatre secondaires, ont été fermés dans les camps de Nyarugusu et Nduta, dans la région de Kigoma. La mesure touche également des églises et des ONG locales, aggravant le climat de tension dans ces camps.
L’indignation est totale chez les élèves qui venaient à peine de reprendre les classes.
Fermeture massive des écoles
A Nyarugusu, trois écoles primaires et deux maternelles sont fermées. A cela s’ajoute deux établissements secondaires : « Lycée Hope » de la zone 8 et « Lycée Power » de la zone 9.
Au camp de Nduta, deux primaires, deux maternelles et deux établissements secondaires sont concernés.
Tous ces établissements sont gérés par l’ONG Save the Children. Selon des témoignages, aucune explication officielle n’a été fournie par les administrations des camps, qui ont pris elles-mêmes la décision de fermer les écoles.
Les présidents des deux camps, cadres du ministère de l’Intérieur tanzanien, auraient eux-mêmes « mis les cadenas sur les écoles et conservé les clés ». Interrogés, ils se sont contentés d’avertir les directeurs :
« N’essayez pas d’interférer à l’ordre public, nous exécutons des mesures prises par nos supérieurs du ministère en charge des réfugiés », a déclaré le président du camp de Nduta.
Les familles sont invitées à garder les enfants à la maison ou à s’inscrire au retour volontaire au Burundi :
« L’année scolaire vient tout juste de commencer au Burundi, vous n’aurez pas de retard », a précisé le président du camp de Nyarugusu.
Au Burundi, l’année scolaire a débuté le 15 septembre dernier.
Églises et ONG également visées
La décision ne touche pas seulement les écoles. À Nyarugusu, deux églises protestantes ont été fermées.
« Les églises sont devenues nombreuses, les chrétiens pourront se choisir une autre église, par exemple catholique », a précisé l’administration.
Il y a une semaine, pasteurs, responsables de mouvements d’action catholique et dirigeants de mosquées avaient été invités à intensifier la sensibilisation au retour massif des réfugiés burundais.

À Nduta, une ONG locale gérée par Danish Refugee Council, active dans la lutte contre les violences basées sur le genre (programme GBV), a été suspendue.
Le HCR impuissant
Selon une source, un agent du HCR chargé de la protection a tenté, sans succès, de négocier la réouverture des écoles.
« La mesure dépasse leur pouvoir et vise à booster le rapatriement massif des réfugiés burundais », aurait répondu l’administration du camp de Nduta.
Pour plusieurs réfugiés, le HCR est dépassé :
« Le HCR n’a donc rien à faire ici. Il est impuissant. Il se soumet et, s’il ne prend pas garde, il risque lui aussi de fermer ses bureaux à voir la colère des autorités tanzaniennes. Les agents du HCR sont pitoyables, ils assistent comme des spectateurs », ironise un responsable des réfugiés.
Appel aux Nations Unies
Les réfugiés en appellent désormais aux Nations Unies pour constater « ces violations de leurs droits élémentaires ».
« Au gouvernement tanzanien, nous n’avons plus rien à demander. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, nombre d’entre nous choisiront de mourir ici », se résignent certains.
D’après le HCR, plus de 110 000 réfugiés burundais vivent toujours dans les camps en Tanzanie. Les occupants de ces camps ont fui pour la plupart la crise de 2015, consécutive à un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.
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Photo : des enfants réfugiés burundais privés d’école suite à la fermeture des établissements par les autorités tanzaniennes ©SOS Médias Burundi
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