36 militaires dont 5 officiers en détention après avoir servi en Somalie

36 militaires dont 5 officiers en détention après avoir servi en Somalie

Ils sont détenus dans les cachots de la police militaire dans le centre de la capitale économique Bujumbura. Selon des sources à l’aéroport international de Bujumbura, ils ont été interpellés les quatre et cinq mars 2020 par la police militaire dès leur retour de la Somalie. L’activiste des droits humains Pacifique Nininahazwe conseille à l’auditorat militaire d’éviter ce qu’il appelle «une justice à deux vitesses » dans cette affaire. (SOS Médias Burundi)

Les militaires concernés ont été rapatriés avec d’autres la semaine dernière dans le cadre de la réduction des effectifs du contingent burundais de l’Amisom.

Ils sont 35 hommes et deux femmes. Ces dernières sont tombées enceintes en Somalie. Elles et les hommes soupçonnés de les avoir engrossées sont poursuivis pour «adultère ».

Selon des sources militaires, les autres membres du groupe sont accusés de vol de carburant, de munitions, de ration alimentaire et de perte de fusil.

Un officier de grade de Major  est accusé d’avoir mal assuré le commandement le 27 juillet 2019 lors d’une attaque des Shebab qui a coûté la vie à six militaires burundais dont l’ancien adjoint du 53 ème bataillon Amisom.

L’attaque, revendiquée par les terroristes Shebab avait eu lieu à Bal’Ad dans la région de Shabelle à 36 kilomètres au nord-est de la capitale Mogadiscio.

Un autre officier supérieur de grade de Major aussi,  lui est soupçonné d’avoir décidé un repli non nécessaire lors d’une attaque du 14 septembre l’an passé. Elle avait coûté la vie à treize militaires burundais sur la route principale entre les villes de Bal’Ad et Jowar, toujours dans la région de Shabelle.

L’arrestation et la détention de ces militaires ont été publiées en premier par Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE( Forum Pour la Conscience et le Développement).

L’activiste conseille à l’auditorat militaire d’éviter ce qu’il appelle «une justice à deux vitesses ». «Ce qui nous a préoccupé c’est plutôt… Il y a eu des informations faisant état des injustices qui seraient faites à l’endroit des officiers notamment EX- FAB( armée burundaise avant l’intégration de mouvements armés). Il a été dit que dans chaque cas où des militaires sont tués dans des combats en Somalie, ceux qui en prennent la responsabilité c’est généralement des officiers EX-FAB. Et les EX-FAB disent que dans de telles situations il est difficile de dire que c’est une responsabilité d’une seule personne, que c’est plutôt une responsabilité à plusieurs échelons », dit-il tout en précisant qu’il est normal qu’un corps comme l’armée sanctionne  tout manquement dans ses rangs.

M. Nininahazwe donne des exemples démontrant les preuves sur lesquelles sont fondées les craintes des EX-FAB. «Ils ont pris l’exemple d’une attaque qui a eu lieu le 27 juillet 2019 où ils disent qu’il y avait d’abord un défaut dans les renseignements. Celui qui était chargé du renseignement n’avait pas bien fait son travail notamment de demander un drone qui aurait dû superviser les lieux. Ils ont également mentionné le fait de la défectuosité des armes lourdes qu’ils avaient, une seule arme lourde aurait fonctionné à ce moment. Alors ils disent que s’il faut établir des responsabilités il faut partir de toute la chaîne et voir pourquoi à ce moment-là, l’armée burundaise n’a pas été dans toutes ses capacités de se défendre et dégager toutes les responsabilités. Ils ont évoqué aussi le fait que dans certaines situations, lorsque des militaires commettent les mêmes fautes, la police militaire est plus sévère à l’égard des militaires EX-FAB. Et là ils donnent l’exemple de l’attaque de septembre où un officier aurait perdu un fusil et que celui-là est sanctionné tandis qu’un autre militaire EX-FDD qui aurait perdu une roquette n’aurait pas été interpellé. Dans cette situation, tout ce que nous devrions donner comme conseil c’est d’éviter une justice qui semblerait être une justice à deux vitesses », ajoute l’activiste qui estime que cela pourrait avoir des conséquences dramatiques dans l’armée burundaise.

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