Burambi: des hommes armés attaquent, des Tutsis en paient le prix


Les habitants de la zone de Maramvya, en commune de Burambi (province de Rumonge, sud-ouest du Burundi) enterraient ce mercredi des jeunes Imbonerakure tués la veille dans une attaque armée. Des Tutsis qui participaient à l’enterrement ont été attaqués à la machette par des Imbonerakure. Une personne a été blessée. Elle reçoit des soins dans une structure sanitaire au chef-lieu de la province. Des habitants disent que les jeunes du parti au pouvoir jurent de venger leurs compagnons. (SOS Médias Burundi)

L’individu qui a été blessé est originaire de la zone de Maramvya. Prosper Nininahazwe a reçu des coups de machette à la jambe droite.

Selon des témoins oculaires, des jeunes Imbonerakure de différentes localités de la commune de Burambi se sont coalisés avant de s’en prendre à des Tutsis qui se trouvaient à l’enterrement. Un membre du groupe visé indique que les agresseurs les ont surpris.

« Nous étions avec d’autres citoyens quand plusieurs jeunes Imbonerakure ont surgi de nulle part et se sont jetés sur nous.
Des gens qui étaient avec nous ont tout fait pour nous protéger contre ces jeunes qui étaient armés de machettes et de gourdins. Nous avons fui, mais un d’entre nous a été blessé », indique-t-il.

Selon des sources locales, des Imbonerakure qui ont mené l’attaque ont lancé des messages de haine. « Ils disaient qu’ils doivent en finir avec des Tutsis, ennemis du CNDD-FDD qui ne sont pas inquiétés par les attaques d’assaillants », disent-elles.

Après l’attaque, des familles de Tutsis sur les collines de Donzi, Kiganza et Gisagazuba ont fui leur ménage hier. Ils ont passé la nuit à l’école fondamentale de Kiganza sur une position militaire qui y est installée, craignant d’être attaqués.

Le gouverneur de Rumonge, s’est dans l’immédiat déplacé à Maramvya pour un message de pacification.

La police n’a procédé à aucune arrestation même si elle a été alertée. Depuis le 23 août dernier, plusieurs attaques visant des membres du parti au pouvoir ont eu lieu en commune de Burambi.
Dans cette commune et celle voisine de Bugarama, au moins 20 civils et 16 « assaillants » ont été tués depuis, d’après nos estimations.