Covid-19 : le Burundi prend le virus de plus en plus au sérieux

Covid-19 : le Burundi prend le virus de plus en plus au sérieux

Depuis ce mercredi, les chauffeurs des véhicules de transport, les conducteurs de taxis moto et vélo, les convoyeurs et rabatteurs doivent porter un masque. La mesure s’applique aux clients à partir de demain. Des autorités provinciales comme à Rumonge (Sud-ouest) envisagent des sanctions particulières pour les récalcitrants. SOS Médias Burundi a fait un tour dans plusieurs coins du pays. (SOS Médias Burundi)

*Bujumbura

Dans la capitale économique Bujumbura, la mesure arrêtée par le ministre en charge de la sécurité en même temps président du comité chargé de lutter contre le Covid-19 a été largement suivie, ont remarqué nos reporters.

Mais les citadins demandent une subvention du prix du masque estimant qu’il est très élevé. Il coûte entre 1500 et 2500 francs burundais.

*Gitega

Dans la capitale politique, les concernés ont également respecté la mesure. Mais ils ont fait face à la rupture de stocks de masques.

Un autre problème : les masques vendus dans des pharmacies sont très chers, selon des conducteurs de taxis motos.

« Le prix d’un masque en pharmacie est de 5000 francs, c’est très exorbitant par rapport à notre pouvoir d’achat et niveau de vie », disent-ils.

Les responsables des associations des taxis motards quant à eux sont occupés à casser la rumeur selon laquelle le port de masque cause des problèmes respiratoires.

*Bubanza

Dans cette province de l’Ouest du Burundi, la majorité des chauffeurs, taxis motards et conducteurs de taxis vélo portait un masque ce matin.

Un tailleur entrain de confectionner des masques au marché de Bubanza
Un tailleur entrain de confectionner des masques au marché de Bubanza

Au marché de province, des habitants parlent d’un nouveau « deal » chez les tailleurs qui ne font que confectionner des masques, laissant toute autre commande.

*Cibitoke

Sur différents parkings aux chef-lieux des communes de la province et aux centres de négoce, les intéressés se plaignaient de ne pas avoir eu de masques suffisants à acheter.

L’association des transporteurs a mis à leur disposition une certaine quantité qui a été raflée très rapidement.

Des rabatteurs sur un parking de Rugombo, à Cibitoke
Des rabatteurs sur un parking de Rugombo, à Cibitoke

Certains taxi motards et conducteurs de taxis vélo de cette province du nord-ouest du pays demandent au gouvernement de subventionner le prix du masque pour que tout le monde y est accès.

*Ngozi

Dans cette province du Nord du Burundi, il y avait des masques en très petite quantité le matin.

Dans les pharmacies, un masque s’achetait entre 1500 et 3000 francs burundais, selon des sources locales.

Des tailleurs locaux ont commencé à confectionner des masques pour éviter la pénurie.

*Kayanza

Dans la province frontalière de Kayanza, les taxis motards et les conducteurs de taxis vélo n’ont pas respecté la mesure en général, a constaté un habitant du chef-lieu.

*Makamba

La situation de Kayanza ressemble à celle de Makamba( Sud), a remarqué notre reporter.

*Rumonge

L’autorité provinciale dans cette localité riveraine du lac Tanganyika où la plupart des voyageurs se rendant dans la sous-région transitent tout comme ceux qui vont dans les pays de l’Afrique australe, a pris des mesures d’accompagnement particulières.

Un chauffeur de bus au chef-lieu de Bubanza
Un chauffeur de bus au chef-lieu de Bubanza

Au terme d’une urgente réunion de sécurité, le gouverneur de province a effectué des descentes sur différents parkings pour les annoncer. « Les chauffeurs et les convoyeurs qui ne respectent pas la mesure seront taxés d’une amende de 50000 francs burundais, le client qui viole la mesure pour ceux qui se déplacent en bus paiera 5000. Concernant les motards, ils vont verser une amende de 20000 francs burundais, le client 5000. Un conducteur de taxi vélo va payer 5000 francs au moment où son client doit donner 2000 », a-t-il prévenu.

Pour les bars et restaurants qui violent les gestes barrières, ils seront sanctionnés par une amende de 20.000 francs burundais.

La même somme sera imposée à des confessons religieuses qui ne les respectent pas.

À Rumonge, tous les services de l’État doivent aussi exiger à tous ceux qui les sollicitent de porter un masque et observer tous les gestes barrières contre le Covid-19.

Un conducteur de taxi vélo dans une rue de Bujumbura
Un conducteur de taxi vélo dans une rue de Bujumbura

Depuis une semaine, le Burundi a pris plusieurs mesures pour éviter la propagation de la maladie à Covid-19 au moment où beaucoup de pays africains font face à la nouvelle souche.

Ce pays de l’Afrique de l’Est qui ne compte que deux décès officiellement a entre autres fermé ses frontières terrestre et maritime depuis ce lundi et interdit les boîtes de nuit et les karaokés.

Sous la présidence de feu Pierre Nkurunziza, décédé le 8 juin 2020, le Burundi a été beaucoup critiqué pour sa gestion « opaque » de la pandémie.
Le nouveau président Évariste Ndayishimiye qui a qualifié le Coronavirus d’ « ennemi du pays » se montre très déterminé à lutter contre le Covid-19 et a déjà prévenu que les personnes et surtout les fonctionnaires qui violent les mesures prises par le gouvernement seront sanctionnées sévèrement comme « quelqu’un qui emmène une arme parmi la population pour la tuer ».

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Photo : la population de Bujumbura lors de la campagne de dépistage volontaire de Covid-19

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