Nyarugusu (Tanzanie) : des réfugiés craignent d’être attaqués

Nyarugusu (Tanzanie) : des réfugiés craignent d’être attaqués

Depuis plus de trois semaines, les réfugiés du camp de réfugiés de Nyarugusu en Tanzanie disent craindre une attaque armée. Ils affirment que des individus suspects ont infiltré le camp. Les personnes en question sont assimilées aux membres des forces de défense et de sécurité du Burundi. Elles sont arrivées sur le sol tanzanien comme demandeurs d’asile. (SOS Médias Burundi)

Selon des réfugiés, les suspects sont protégés par la police tanzanienne. « Nous avons peur des gens qui sont dernièrement arrivés ici. Il s’agit des femmes et hommes qui ont probablement reçu un entraînement militaire. Certes ils se sont enregistrés comme des réfugiés et demandeurs d’asile mais ils sont très suspects. Ce qui est très surprenant, ils entretiennent une forte amitié avec des policiers en charge de la sécurité du camp alors qu’ils viennent d’être installés ici il y a quelques jours », racontent des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.

Et de continuer, « En plus, ils parviennent à avoir l’autorisation de sortie alors que personne ne peut aller en dehors du camp ».

Ils affirment avoir reconnu certains visages. C’est le cas d’une jeune burundaise. Elle avait quitté Nyarugusu après s’être enregistrée comme réfugiée peu avant 2016. « Quand elle est partie, elle disait vouloir aller continuer ses études sans toutefois préciser le nom de l’Université qu’elle fréquentait. Elle vivait le village 9 de la zone 11 », poursuivent nos sources.

Et de préciser « Elle fréquentait l’Institut Supérieur des Cadres Miliaires (ISCAM) ».

Mensonge

Selon ses voisins, elle a menti sur son identité et ses origines. « Elle dit être de Kazirabageni en commune de Nyanza-Lac (province de Makamba, Sud du Burundi), mais nous avons appris qu’elle est originaire de la commune de Gihogazi en province de Karusi (Centre-est) », confient ses voisins.

Des tanzaniens alertent

Il y a quelques semaines, des tanzaniens de la tribu « Sukuma » ont prévenu les réfugiés pour qu’ils fassent attention.
Selon eux, les camps hébergeant des réfugiés burundais en Tanzanie doivent subir des attaques afin de contraindre les occupants de rentrer chez eux.

Le 16 février, le forum des organisations de la société civile burundaise en exil a alerté sur une probable mission secrète conjointe des éléments de la police, de l’armée, des renseignements burundais et des membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti au pouvoir. “Un contingent de militaires, policiers et Imbonerakure est en mission dans les camps de réfugiés des pays de la sous région pour forcer ces derniers de rentrer”, a déclaré le forum sur son compte Twitter.

Selon le forum, au moins cinq individus considérés comme cadres ont été envoyés dans chaque camp en Tanzanie pour superviser la mission.

Le nom de la jeune femme habitant la zone 11 à Nyarugusu est cité par le forum parmi les superviseurs.

Stratégie

Des sources au sein des camps de réfugiés burundais sont claires: les émissaires du gouvernement burundais veulent créer une situation d’insécurité pour que la Tanzanie chasse les Burundais installés dans les camps. »On nous a révélé qu’ils comptent déposer des armes partout dans les camps pour faire croire que des réfugiés veulent créer l’insécurité dans le pays hôte », indiquent des Burundais qui ont appris le plan.

Rondes nocturnes

Les leaders communautaires à Nyarugusu ont informé l’administration du camp qui a accepté de suivre la situation de près.
Toutefois, les réfugiés disent ne pas être convaincus. Ils ont plutôt décidé d’organiser des rondes nocturnes. »On ne peut pas faire confiance aux autorités tanzaniennes. Elles sont complices », insistent-ils.

Depuis lundi, l’administration du camp a lancé une opération de traque des sans papiers, officiellement pour “ramener l’ordre dans le camp”.

Nduta et Mtendeli

Selon nos reporters à Nduta et Mtendeli, deux autres camps abritant des Burundais, la situation est calme. “Mais nous avons aussi peur”, font savoir des réfugiés.

Les réfugiés de ces trois camps demandent au HCR et au pays d’accueil “d’assurer convenablement leur sécurité” et de “les laisser faire le choix de rentrer ou non suivant la motivation”.

La Tanzanie abrite encore plus de 147.000 réfugiés burundais.

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Photo : pancarte du camp Nyarugusu

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