Muyinga : le patron des renseignements s’est approprié un cimetière
C’est un terrain de deux hectares situé sur la colline de Cibari en zone de Munagano. C’est en commune et province de Muyinga (nord-est du Burundi). Des habitants accusent le général Ildephonse Habarurema d’avoir influencé le tribunal de province pour qu’il tranche en sa faveur alors que le terrain appartient à l’État. Un autre cimetière a été acheté par la population locale. (SOS Médias Burundi)
Selon des habitants, le terrain dont il est question servait de cimetière depuis10 ans. Il appartenait à l’État avant que la commune ne la cède pour y enterrer des morts de la colline de Cibari. « Avant qu’on commence à y enterrer les morts, c’était un espace public. Le terrain appartenait à la commune. C’est l’autorité communale qui nous a autorisés de s’en servir comme cimetière », témoignent des personnes âgées de Cibari.
Il y a quelques mois, deux familles ont commencé à s’en disputer allant jusqu’à intenter un procès en justice. Le procès opposait un certain Ciza (militaire issu de l’ancien mouvement rebelle Hutu le CNDD-FDD) et un certain Bararusesa, père du général Ildephonse Habarurema, patron du SNR (service national de renseignements). « Le caporal chef a perdu la cause. Il ne pouvait pas gagner face au père d’un général aussi puissant. D’ailleurs, c’est une décision erronée, parc’aucune des deux parties n’avait raison de se réclamer propriétaire d’un terrain appartenant à l’État », analysent des sources proches du dossier.
Obligés de parcourir plusieurs kilomètres pour enterrer les morts
Depuis l’annonce de la décision du tribunal, les habitant de Cibari doivent faire plus de 10 kilomètres pour aller inhumer ceux qui meurent sur la colline de Kivoga (même commune).
Pour trouver un autre terrain proche, il leur a été ordonné de verser 2000 francs burundais par ménage pour acheter une autre propriété.
Toutefois, sur la contribution de 20.000.000, seulement 800.000 francs burundais auraient été versés au propriétaire. Le reste a été détourné, d’après des habitants. Ils exigent le paiement de tout le montant au propriétaire du terrain.
Actuellement, des ménages qui ne se sont pas acquittés du montant ne sont pas autorisés d’inhumer les leurs dans le nouveau cimetière.
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Photo : des habitants lors d’un enterrement à Muyinga
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