Burundi-RDC : quatre Imbonerakure tués à Kabunambo (Sud-Kivu)

Burundi-RDC : quatre Imbonerakure tués à Kabunambo (Sud-Kivu)

Ils ont été tués mardi 13 juillet 2021 par des habitants de la plaine de la Rusizi sur le territoire d’Uvira. C’est dans la province du Sud-Kivu à l’est de la RDC. Attrapés en flagrant délit avec une AK-47, les quatre jeunes affiliés au parti CNDD-FDD ont été reprochés d’appartenir à un groupe de voleurs qui tend des embuscades et tue des passagers sur la route nationale numéro cinq RN5 reliant Bukavu et Uvira. Six autres jeunes qui étaient avec eux ont pu fuir. (SOS Médias Burundi)

Parmi les membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel tués figure Jean Marie Nibizi. Il était originaire de la zone de Cibitoke, en commune de Rugombo (province de Cibitoke au nord-ouest du Burundi).

Son identité a été confirmée par ses proches après avoir vu des images qui ont circulé sur les réseaux sociaux le montrant en train d’être tabassé. « Il était très bien connu ici. Il fonctionnait de temps en temps comme un agent de santé communautaire clandestin », disent des voisins. Il est représenté par des Congolais comme le meneur du groupe.

Selon des témoins, les quatre Imbonerakure ont dévoilé, après être torturés le chemin emprunté pour arriver sur le sol congolais. « lls ont d’abord avoué qu’ils étaient au nombre de 10. Les autres avaient réussi à s’évader. En plus, ils ont affirmé avoir traversé la rivière Rusizi la nuit du 11 juillet après une nuit passée sur la transversale 12 de la colline de Rusiga en zone de Cibitoke. Ensuite, ils sont passés par la localité de Rwenena dans le groupement de Luberizi (Sud-Kivu) », ont-il détaillé.

Et de préciser, « On venait pour tendre des embuscades sur la route nationale numéro5 (RN5) qui relie Uvira-Bukavu ».

Collaborateurs dévoilés

Sous d’intenses bastonnades des habitants en colère, ils ont dévoilé leurs collaborateurs. « Nous collaborons avec quelques éléments de l’armée congolaise et même les rebelles Maï-Maï. Les armes que nous utilisons nous appartiennent. Elles nous ont été confiées dans le cadre de veiller à la sécurité de notre pays », a précisé l’un des défunts avant de respirer son dernier souffle, racontent des Congolais.

L’identité de survivants reconnue

Selon les défunts, tous les dix qui constituassent l’équipe proviennent de la commune de Rugombo : deux sont originaires de la transversale 5 , trois de la transversale 6 de la colline de Kagazi au moment où d’autres ont leur ménage sur la transversale 7 de la zone de Cibitoke.

D’autres Imbonerakure à Cibitoke affirment que leurs compagnons disaient aller souvent en RDC pour « accompagner des commerçants clandestins ».

Deuil interdit

Des sources locales affirment que l’autorité locale a refusé aux familles des quatres Imbonerakure de faire le deuil.

La joie à Kabunambo

Des habitants de la localité de Kabunambo fêtaient, depuis mardi soir, le fait d’avoir démasqué « des assassins qui tuent des passagers et volent leurs biens sur la RN5 ». Toutefois, ils demandent à l’armée et l’administration de veiller et traquer le reste du groupe et leurs collaborateurs dans l’armée.

Le commandant chargé des opérations dans la plaine de la Rusizi et dans les hauts plateaux confirme l’information. Il demande néanmoins à la population de ne pas se faire justice.

Image d’illustration : en mai 2020, des Imbonerkure armés de gourdins ont érigé une barrière sur la colline de Nyarumanga dans la commune Matongo de la province Kayanza (Nord du Burundi) pour empêcher les militants du CNL de faire campagne électorale.

Le représentant des jeunes Imbonerakure à Rugombo quant à lui nie les allégations. Depuis quelques années, la société civile dans le Sud-Kivu rapporte la présence de jeunes du parti présidentiel qui accompagnent des militaires burundais sur le territoire congolais pour combattre et déloger des groupes rebelles dirigés par des Burundais basés dans cette province de l’est de la RDC, surtout les Red Tabara. Elle indique aussi que ces jeunes font des incursions au Congo pour piller sans être aux côtés de militaires.

Selon nos informations, ils vendent aussi des vaches volées au Burundi de l’autre côté de la Rusizi. La FDNB (Force de défense nationale du Burundi) a toujours nié les allégations pourtant étayées par plusieurs experts et organisations les qualifiant de « fausses informations propagées dans le sens de ternir l’image de l’armée burundaise ».

Lors de son récent voyage en RDC, le président Évariste Ndayishimiye et son homologue Félix Tshisekedi sont revenus sur l’insécurité causée par les mouvements rebelles à l’est de la RDC et les stratégies communes à adopter pour l’endiguer.

_______________

Photo d’illustration : des jeunes Imbonerakure en parade militaire (archives)

Previous Onatel : le personnel réclame 4 mois de salaire impayés
Next Makamba : la cour d'appel reporte de nouveau le procès contre le procureur de Bururi