Muramvya : un ancien officier détenu abusivement

Muramvya : un ancien officier détenu abusivement

Il s’agit de l’ancien colonel Prime Niyongabo, communément connu sous le sobriquet de Komesha.
Il reste détenu à la prison de Muramvya (centre du Burundi) alors que la décision de le libérer provisoirement a été prise en novembre 2020.
(SOS Médias Burundi)

C’est le tribunal de grande instance de Muha (sud de Bujumbura, la capitale économique) où l’ex officier habite qui a pris la décision de le libérer. C’était le 16 novembre 2020. « En effet, le tribunal de Muha lui a accordé une liberté provisoire pour absence d’indices sérieux de culpabilité et pour des raisons de santé », a confirmé à SOS Médias Burundi une source proche du dossier.

La mesure a été confirmée dix jours plus tard par la cour d’appel de Muha, selon une signification vue par SOS Médias Burundi. Mais le parquet s’y est opposé. « Les choses sont ainsi alors que l’article 174 du code de procédure pénale dispose qu’en cas d’appel, pendant l’appel jusqu’à la décision, l’inculpé est maintenu dans l’état où l’ordonnance du juge l’a placé aussi longtemps que le délai de sa validité n’est pas expiré », déplore un proche de l’ancien colonel.

Et d’ajouter, « La décision du parquet de ne pas exécuter l’ordonnance plaçant Prime Niyongabo en liberté provisoire est une violation grave de la loi ».

Le 16 juillet dernier, la partie civile a demandé au tribunal de corriger l’erreur, en vain. C’était en audience publique.

Des sources judiciaires et professionnels du droit burundais parlent d’un comportement qui va « à l’encontre de la volonté du président de la République d’asseoir une justice sans deux poids deux mesures ».

M. Niyongabo a été interpellé à son domicile à Gasekebuye dans le sud de Bujumbura le 12 septembre 2020. Un autre ancien colonel, Pontien Baritonda emprisonné dans la même affaire reste aussi en détention. Il est logé à la prison de Bubanza (ouest).

D’après des sources proches de l’affaire, leur dossier est « vide ».

L’ancien commandant de la police spéciale de roulage serait poursuivi pour « un message douteux » retrouvé sur son téléphone, un message qui a été envoyé depuis un groupe WhatsApp. Le colonel Baritonda serait l’expéditeur du message, a-t-on appris.

Les deux colonels sont amis et originaires de la même commune de Songa en province de Bururi (sud).

___________

Photo : la province de Muramvya

Previous Meheba (Zambie) : distribution des produits hygiéniques
Next Mwaro : deux militants et un responsable communal du CNL kidnappés