Ngozi : l’administrateur de Nyamurenza écope d’une peine d’une année et demi de prison avec sursis

Ngozi : l’administrateur de Nyamurenza écope d’une peine d’une année et demi de prison avec sursis

La cour d’appel de Ngozi a annoncé le verdict d’une peine d’une année et six mois de prison avec sursis à l’endroit de Césarie Nizigiyimana, l’administratrice de la commune de Nyamurenza en province de Ngozi (au nord du Burundi). Cette administratrice, issue du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, avait été incarcérée suite à la complicité d’assassinat d’un septuagénaire qu’elle a elle-même fait sortir du cachot communal avant de le livrer à des habitants qui l’ont tué. La famille de la victime qui espérait une peine plus lourde se dit choquée par ce jugement. (SOS Médias Burundi)

Elle est accusée d’avoir failli à protéger le septuagénaire alors qu’elle en était capable. Claver Sindayigaya avait été assassiné au début du mois de septembre dernier.

Selon des sources judiciaires à Ngozi, le paquet de province a changé les accusations contre la responsable communale de Nyamurenza. « Dans un premier temps, elle a été poursuivie pour complicité dans l’assassinat du vieil homme. Mais le parquet a requis pour elle une peine d’une année et demi et paiement de deux millions de francs burundais pour n’avoir pas pu protéger Sindayigaya alors qu’elle en était capable », disent-elles.

La famille et des habitants qui ont fait le déplacement pour assister à l’audience le 28 octobre dernier ont été très surpris d’entendre le prononcé du jugement. « C’est l’administrateur qui a fait sortir du cachot la victime pour la livrer au vindicte populaire. Le vieil homme a été lynché par des habitants dont la plupart était composée des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel le CNDD-FDD). Elle devrait être jugée en tant que complice ou même auteur du crime », se désole un proche de la victime.

D’autres personnes impliquées dans cette affaire dont des chefs de collines et de zones ont écopé d’une même peine que l’administrateur. Huit individus impliqués quant à eux directement dans l’assassinat du septuagénaire ont été condamnés à une peine de prison à perpétuité.

La partie civile dit ne pas être intéressée par le dédommagement élevé à deux millions de francs burundais. La famille réclame justice.

Claver Sindayigaya avait été arrêté début septembre en compagnie de son épouse, accusés de pratiques superstitieuses. Il a été lynché par des habitants après avoir été sorti d’un cachot communal par l’administratrice de Nyamurenza qui le leur a livré lors d’un rassemblement de travaux communautaires. « Le vieil homme a supplié Césarie Nizigiyimana pour qu’elle l’emmène avec lui au moment où elle quittait le lieu mais elle a fait sourde oreille. Juste après son départ, il a été tabassé et lapidé à mort », regrettent ses proches.

Des observateurs locaux estiment que Césarie Nizigiyimana devrait être punie d’une lourde peine. Et de craindre « Un des fils de la victime est un policier en fonction capable de venger la mort de son père ».

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Photocollage : Césarie Nizigiyimana et Claver Sindayigaya, la victime. DR

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