Burundi : hausse du prix du carburant, les consommateurs craignent une hausse généralisée d’autres produits

Burundi : hausse du prix du carburant, les consommateurs craignent une hausse généralisée d’autres produits

Depuis vendredi dernier, les prix du carburant ont grimpé au Burundi. Celui de l’essence à la pompe est passé de 2400 à 2700 francs par litre, celui du mazout de 2350 francs à 2650, le prix du pétrole ayant connu une hausse de trois cents cinquante francs,passant de 2100 francs à 2450. Les syndicats des consommateurs et transporteurs décrient une « mesure non concertée » au moment où des habitants craignent une hausse généralisée d’autres produits. (SOS Médias Burundi)

La hausse des prix est intervenue après plusieurs mois de pénurie persistance de carburant sur tout le territoire burundais. SOS Médias Burundi a recueilli des opinions de différentes catégories de personnes.

Des commerçantes de la capitale politique Gitega estiment que » nous devons aussi revoir à la hausse les prix de nos produits et denrées car les taxis motos vont sans doute rehausser le prix du ticket de transport tout comme les propriétaires des véhicules de transport des marchandises ».
« C’est le citoyen lambda qui va payer les pots cassés », estiment-elles.

Quant à des conducteurs de taxi motos et bus de transport des provinces du nord-ouest à savoir Cibitoke et Bubanza, « nos patrons ne peuvent pas comprendre que l’on puisse manquer de versement. Ce qui va se passer c’est que nous serons en constante dispute avec nos clients et nos patrons car les clients accepteront difficilement de payer les prix que nous exigeons ».

Pour de jeunes chômeurs, « nous manquons de travail et on augmente les prix comme on veut, nous pensons que le gouvernement veut nous voir tous en prison car il ne nous reste qu’à aller voler pour survivre ».

L’Atrabu, l’association des transporteurs du Burundi dit avoir accueilli la mesure avec amertume.
« […], ça fait trois mois que le secteur était paralysé par des pénuries permanentes de carburant. Nous avons donc beaucoup perdu avec ce secteur qui était déjà en faillite. Voir à la hausse le prix va occasionner une grosse perte pour les transporteurs », a réagi le secrétaire général de l’Atrabu Charles Ntirampeba.
Selon lui, « comme le prix du carburant à été revu à la hausse à plus de 12%, le prix du ticket de transport doit être revu à la hausse également automatiquement ».

L’association des consommateurs du Burundi Abuco quant à elle dénonce une « décision unilatérale ».
« Il y a manque de transparence dans la fixation des prix parce qu’il y avait une bonne habitude où les parties prenantes dont les représentants des consommateurs se mettaient à table pour analyser la situation de l’évolution des prix du carburant ensemble et se convenaient sur une augmentation à faire », indique Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’association qui regrette par ailleurs le fait que « le gouvernement n’ajuste jamais les prix quand le prix du baril est en baisse ».

Le ministre burundais en charge de l’énergie Ibrahim Uwizeye a expliqué la mesure par une fambleé des prix du baril. Le Burundi a toujours survécu à la hausse des prix du carburant grâce au stock stratégique carburant, aujourd’hui vide.
« Nous avons des dépôts à Bujumbura (capitale économique) et à Songa (ville de Gitega, capitale politique). Mais les réservoirs sont carrément vides », expliquait aux sénateurs en octobre 2021 M. Uwizeye lors d’une séance de questions orales à Gitega.

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Photo d’illustration : un véhicule dans une station service

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