Rwanda-Burundi : les ministres de la Justice des deux pays se rencontrent à Kigali

Rwanda-Burundi : les ministres de la Justice des deux pays se rencontrent à Kigali

Le ministre de la Justice et procureur général du Rwanda, Emmanuel Ugirashebuja a accueilli son homologue burundais Domine Banyankimbona et sa délégation ce vendredi à Kigali. Ils ont échangé sur des questions épineuses de justice notamment celle relative à l’extradition des présumés criminels recherchés par la justice des deux cotés de la frontière. (SOS Médias Burundi)

Les deux ministres ont tour à tour souligné que cette rencontre se fait dans le cadre des efforts pour rétablir les relations bilatérales.

La ministre burundaise Domine Banyankimbona était accompagnée d’une délégation importante de plus de cinq cadres dont le procureur général de la République, Sylvestre Nyandwi.

Le ministre Ugirashebuja, lui était entouré de hauts cadres de son ministère et du général de brigade Vincent Nyakarundi chargé des renseignements militaires au sein de l’armée rwandaise.

M.Ugirashebuja a déclaré que les deux pays frères ont fait des progrès louables pour résoudre les problèmes qui affectent les relations bilatérales depuis près de sept ans.

“Dans le cadre de ces efforts, le Rwanda a livré 17 individus et miliciens recherchés tandis que le Burundi a livré 11 individus. Le Rwanda et le Burundi sont des pays frères jumeaux. Ce que nous partageons est bien plus grand que ce qui peut nous séparer. Nous sommes heureux que nos relations prennent une nouvelle direction positive, sous la direction de nos deux dirigeants”, a-t-il dit.

Les présumés putschistes dans le collimateur…

Pour la ministre Banyankimbona, cet échange de présumés criminels importe plus.

“C’est d’ailleurs l’un des objectifs de notre mission ici. Nous devons nous assurer qu’aucun pays ne soit refuge de criminels venant de l’autre coté. Du moins, de façon permanente”, a-t-elle insisté.

La question a d’ailleurs été débattue à huis clos.

“La question relative à l’extradition de présumés criminels qui font partie des putschistes a été soulevée. Les deux parties ont constaté qu’elle a été discutée dans d’autres forums et niveaux, et donc que la question reste pendante pour être analysée au fur et à mesure des progrès des relatons diplomatiques”, a précisé Providence Umurungi, chargée des crimes internationaux au ministère de la justice au Rwanda, lisant un communiqué final de la rencontre.

Le président rwandais Paul Kagame a lui même récemment rassuré qu’ “aucun réfugié ne sera extradé car étant protégé par des conventions internationales onusiennes relatives au traitement des personnes ayant le statut de réfugié”.

Et M. Ugirashebuja d’ajouter qu’il restait encore beaucoup à discuter dans les domaines de la justice et sur la manière dont les deux pays peuvent coopérer pour rendre les systèmes judiciaires plus solides et plus efficaces.

“À cet égard, un traité d’extradition signé actualisé et un accord d’entraide judiciaire en matière pénale sont très cruciaux, car ils constituent le fondement de la coopération judiciaire. Le Rwanda avait déjà envoyé un projet de traité d’extradition, j’espère que nous pourrons aller de l’avant et signer le document dans un avenir proche”, a déclaré le ministre Ugirashebuja.

Madame Banyankimbona se réjouit que les bonnes relations diplomatiques soient rétablies et espère que beaucoup de progrès seront réalisés.

“Les habitants de nos deux pays n’ont pas pu traverser les frontières depuis 2015 pour un certain nombre de raisons, mais nous sommes heureux que la coopération bilatérale entre nos pays soit rétablie. Nous voulons voir les gens se déplacer librement à nouveau. Nous remercions le Rwanda pour avoir facilité le rapatriement des réfugiés burundais. Ils sont maintenant de retour chez eux et bien installés et nous continuerons à faire plus à l’avenir”, a-t-elle indiqué.

Kigali espère que le meilleur est à venir.

“Nous avons assisté à de nombreuses réunions bilatérales de haut niveau dans différents domaines au cours des derniers mois et cela nous donne l’espoir d’un meilleur avenir pour le bien de nos deux pays et de nos citoyens”, a déclaré le ministre rwandais en charge de la justice.

Cette rencontre intervient après plusieurs réunions des autorités des deux pays à savoir les ministres en charge de la diplomatie et des responsables militaire et policier ainsi que les gouverneurs s des provinces frontalières.

D’après un analyste de la sous région, il reste un tête-à-tête des présidents des deux pays pour bénir les différentes conclusions et redéfinir les nouvelles directives des relations diplomatiques.

Mi-février, les deux chefs d’État, Paul Kagame et Évariste Ndayishimiye ont participé au sommet Union Européenne-Union Africaine. Personne ne sait s’ils se sont rencontrés ou salués.

Les relations entre les deux sœurs nations de la région des Grands-Lacs d’Afrique se sont détériorées en 2015 à la suite d’un coup d’Etat raté en mai cette année contre feu président Pierre Nkurunziza. À l’époque, il avait brigué un autre mandat controversé qui a conduit à un putsch manqué après des semaines de manifestations réprimées dans le sang.
Le pouvoir burundais a accusé le Rwanda d’avoir donné refuge à des putschistes et permis des entraînements militaires de groupes rebelles burundais sur son sol au moment où Kigali accusait le Burundi de collaborer, entretenir des opposants au régime rwandais dont des Hutus accusés d’avoir commis le génocide contre les Tutsis en 1994 en plus de laisser son territoire servir de base arrière de mouvements armés pour attaquer le Rwanda.
La situation a commencé à s’améliorer avec l’ascension anticipée au pouvoir du président Évariste Ndayishimiye à la suite de la mort inopinée de son prédécesseur.

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Photo : la délégation burundaise conduite par la ministre de la justice, Domine Banyankimbona a ete reçue à Kigali. Crédit-photo/Kigali Today

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