Bujumbura : les conducteurs de tricycles, motos et vélos n’ont plus de recours

Bujumbura : les conducteurs de tricycles, motos et vélos n’ont plus de recours

Ils avaient saisi le premier ministre. Ils se sont exprimés par le biais de leurs syndicats regroupant respectivement les conducteurs de tricycles, de taxi motos et vélos. Le 23 février dernier, le ministre en charge des affaires intérieures a décidé et ordonné l’extension des zones interdites à ce genre de transport, rémunéré ou non dans la capitale économique Bujumbura. Ce qui va affecter des milliers de familles, selon nos estimations. Les concernés dénoncent une mesure « unilatérale » mais l’administration parle d’une décision « définitive ». La PARCEM (Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités) dit être préoccupée par la mesure et exige sa suspension. (SOS Médias Burundi)

Dans une lettre envoyée à Alain Guillaume Bunyoni, le premier ministre burundais, les syndicats concernés estiment que la mesure qui fixe les nouvelles limites à ne pas dépasser dans la ville commerciale Bujumbura est « unilatérale ».

« La mesure a été prise unilatéralement et elle frappe la population à faible revenu. Nous demandons qu’elle soit provisoirement suspendue et qu’on en discute », écrivent-ils.

Ils affirment que la décision va avoir un impact négatif sur plus de dix sept mille personnes car « il deviendra quasi impossible de se déplacer et de transporter des biens dans la capitale économique Bujumbura pour la catégorie des individus qui n’ont pas leur propre véhicule ».

D’après PARCEM (Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités), une ONG locale spécialisée dans la bonne gouvernance, la mesure limitant l’espace de circulation aux motos, Tuk-Tuk et vélos aura des conséquences négatives sur la vie socio-économique du Burundi et de ses citoyens.

« La mesure est prise au moment où la situation de pauvreté est évidente dans le pays et il y a risque de l’augmentation du prix du pétrole à la pompe suite à la géopolitique internationale. Et puis, le pays était sensé inaugurer sa politique de relance économique fondée sur la promotion de la petite et moyenne entreprise […]. Cette mesure aura sans doute des conséquences négatives sur la vie socio-économique du pays et des citoyens[…] », écrit l’ONG dans une correspondance adressée au ministre en charge des affaires intérieures.

Elle demande la suspension de la décision.

Dans une réunion avec des représentants des conducteurs de taxi motos, vélos et tricycles du secteur rémunéré dans la capitale économique Bujumbura ce mercredi, des représentants administratifs à l’instar de l’administrateur de Mukaza (centre de Bujumbura) ont été on ne peut plus clair : « cette décision entre en vigueur le 11mars et il n’y a pas de recours,si vous n’êtes pas satisfaits, changez de métier ,il n’y a pas de concession,le gouvernement est souverain », a répondu Rénovat Sindihebura à des participants qui disaient que « nos familles vont mourir de faim si la mesure reste maintenue ».

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Photo : des conducteurs de taxi motos, vélos et tricycles sollicités pour soutenir une manifestation organisée par les autorités burundaises dans la ville commerciale Bujumbura

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