Burundi-RDC : l’insécurité a mobilisé les gouverneurs

Burundi-RDC : l’insécurité a mobilisé les gouverneurs

Ce mercredi, une délégation de six gouverneurs des provinces du Burundi frontalières avec la RDC s’est rendue à Uvira (province du Sud-Kivu à l’est de la RDC).
Avec leur homologue du Sud-Kivu, ils ont échangé sur plusieurs points dont l’insécurité. La question concernant la présence des militaires burundais dans le Sud-Kivu est confiée à la « haute autorité du Congo et du Burundi ».
(SOS Médias Burundi)

Les officiels burundais étaient conduits par Jimmy Hatungimana, maire de la ville de Bujumbura. Il s’agit des représentants provinciaux des provinces de Cibitoke et Bubanza (nord-ouest), de Rumonge et Makamba (sud-ouest) et de la province de Bujumbura (ouest), en plus de la capitale économique Bujumbura.
La rencontre a duré plusieurs heures, selon un reporter de SOS Médias Burundi.

Les envoyés du gouvernement burundais ont quitté Uvira vers 20h 30 minutes.
« La réunion a tourné sur les questions d’intérêt commun. Nous avons parlé des questions d’insécurité au niveau des frontières, évoqué les questions du Covid-19, du commerce transfrontalier et de séjour des Congolais au Burundi mais aussi des Burundais qui sont au Congo dans la province du Sud-Kivu », a révélé à la presse locale Théo Ngwabije, gouverneur du Sud-Kivu après la rencontre.

Et de continuer « On a tous pris l’engagement de travailler pour la paix comme le demandent les hautes autorités de nos pays et ici je pense à la volonté du président de la République d’un retour de la paix sur l’ensemble de la province tout comme aussi son excellence le président Évariste Ndayishimiye qui tient aussi à la sécurité dans son pays. Donc, la volonté a été réaffirmée de travailler ensemble, mutualiser les efforts pour qu’effectivement la sécurité soit totale au Sud-Kivu », recommandant avec ses homologues burundais « une réunion de haut niveau pour aborder ces questions relatives à la sécurité ».

Le maire de Bujumbura reçoit les honneurs militaires à Uvira

Les participants à la réunion ont aussi parlé de l’harmonisation de frais payés pour les tests Covid-19 exigés avant de traverser la frontière. Les Burundais se rendant en RDC paient 5 dollars seulement au moment où les Congolais doivent s’acquitter de 30 dollars, ce que des citoyens congolais ont toujours dénoncé.

Ils se sont également convenus que tous les ressortissants burundais et congolais vivant au Congo et Burundi doivent disposer de « papiers régularisés ».

Présence de la FDNB au Congo

Un journaliste a voulu savoir si la question relative à la présence de la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) sur le sol congolais a été débattue.
« Les questions de sécurité ne se traitent pas vraiment sur les médias […]. Il revient à la haute autorité de nos deux pays de régler cela et je crois qu’il y aura des réunions qui vont suivre. Nous , nous sommes au niveau de la base et avons posé ce problème, mais c’est au niveau du sommet où il y a les grandes décisions et la volonté », a répondu le responsable de l’une des provinces qui connaissent la plus grande insécurité au Congo.

Très brièvement, le maire de la ville commerciale Bujumbura a répété les points sur lesquels les sept gouverneurs ont échangé.

La province du Sud-Kivu, demeure de plusieurs groupes armés locaux et étrangers dont les Red Tabara considéré par les autorités burundaises comme un mouvement terroriste, une préoccupation des Nations-Unies , est ces derniers temps le théâtre de combats entre l’armée burundaise et les Red Tabara. La société civile locale et un député ont reproché aux autorités congolaises de « complicité ».

Des représentants provinciaux du Burundi dans une salle à Uvira

Parmi les gouverneurs partis sur Uvira figuraient ceux de Cibitoke et Rumonge, deux principales provinces où passent les militaires burundais et leurs alliés (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD,les Imbonerakure) avant de rejoindre les hauts et moyens plateaux d’Uvira.
Ils traversent le lac Tanganyika côté Rumonge au moment où à Cibitoke ils doivent franchir la rivière Rusizi.

Des rafles de Congolais dans la ville commerciale Bujumbura, surtout des étudiants d’universités privées sont souvent rapportées ces derniers temps et à Uvira ce sont des milliers de Burundais, notamment à la recherche de l’emploi qui sont visés. Plus de trois cents ressortissants burundais, constitués pour la plupart de jeunes gens sont détenus à la prison d’Uvira,selon nos informations.

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Photo : les délégation burundaise et congolaise à Uvira

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