Kirundo : les décès des nouveaux nés embarassent le ministère en charge de la santé

Kirundo : les décès des nouveaux nés embarassent le ministère en charge de la santé

Ce jeudi dans la soirée, la porte-parole du ministère en charge de la santé a convoqué un point de presse pour s’exprimer sur les récents décès de nouveaux-nés à l’hôpital de Kirundo (nord du Burundi). Mais elle n’est pas informée des détails sur ce cas qui concerne au moins six morts liés au manque de carburant servant à alimenter le seul groupe électrogène de l’établissement sanitaire. Appuyée des anciens du ministère, la nouvelle porte-parole ne fait que s’en prendre à SOS Médias Burundi sans être capable de répondre aux questions de journalistes. Elle qualifie de « fausses informations », les décès de nourrissons à l’hôpital de Kirundo sans donner de preuves. (SOS Médias Burundi)

Selon Chloé Ndayikunda, nouvelle porte-parole du ministère en charge de la santé « […], et actuellement les mêmes personnes font circuler sur SOS Médias qu’il y aurait encore décès de six nouveaux-nés . Le ministère de la santé et de la lutte contre le Sida informe l’opinion nationale et internationale qu’il s’agit de mensonges diffusés pour des buts non avoués ». Et d’ajouter que « …après l’enquête des responsables sanitaires à différents niveaux dans la province de Kirundo et au sein de l’hôpital lui-même, il s’avère que tout ce qui circule sur la toile est faux et relève de l’imaginaire. Les personnes qui diffusent de telles informations pour discréditer l’hôpital et le pays sont des malfaiteurs qui,une fois débusqués méritent des sanctions exemplaires ».

Dans la nuit du 14 au 15 avril 2022, au moins six enfants sont morts à l’hôpital de Kirundo suite au manque du carburant alimentant le seul groupe électrogène de l’établissement sanitaire, les coupures de courant étant devenues régulières.
La nouvelle porte-parole du ministère de la santé n’a pas été bien informée sur nos articles précédents. Elle accuse SOS Médias Burundi d’avoir parlé de deux chiffres différents, à deux reprises. Mais en fait, nos articles sont plutôt différents. Dans une première publication, nous parlons des décès des nouveaux-nés et dans la deuxième, nous rapportons les menaces du directeur de l’hôpital à l’endroit des salariés qu’il soupçonne d’avoir livré l’information.

Après une brève déclaration à la presse locale, la nouvelle porte-parole du ministère en charge de la santé a évité les questions des journalistes. Dans un premier temps, ce sont ses collègues qui ont essayé de répondre aux questions posées.

« Écoutez-moi, il y a eu coupure de courant mais les hôpitaux…pour ce qui est de la pénurie, il s’agit d’un autre combat et ce n’est pas la responsabilité de notre ministère », s’est contenté de répondre le porte-parole adjoint du ministère de la santé Pamphile Bukuru.

Et d’oser donner un briefing à la porte-parole en présence des reporters « …dis-leur que dans chaque hôpital il y a des groupes électrogènes qui génèrent automatiquement du courant électrique « , a-t-il suggéré à Chloé Ndayikunda sans se gêner.

Et la femme médecin de réciter « En cas de coupure électrique, donc dans tous les hôpitaux, il y a des groupes électrogènes qui se déclenchent automatiquement pour qu’il y ait continuité des services ».

Cette continuité des services a été renforcée après nos révélations, le carburant ayant été recherché dans la capitale économique Bujumbura et les responsables sanitaires à Kirundo ayant été convoqués au ministère pour s’expliquer sur la situation.
Même si le ministère en charge de la santé continue de couvrir ses représentants dans la province de Kirundo, nos informations sur le décès des nouveaux-nés restent vérifiées. De nouvelles révélations sur cette affaire seront publiées dans nos prochains articles.

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Photo : une pancarte indiquant l´hôpital de Kirundo

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