Birindiro (RDC) : les armées congolaise et burundaise accusées de pillage (habitants)

Birindiro (RDC) : les armées congolaise et burundaise accusées de pillage (habitants)

Les militaires burundais et congolais affectés dans la zone de Birindiro sont accusés par des habitants et la société civile locale de piller dans les ménages. C’est dans le groupement de Kigoma sur le territoire d’Uvira en province du Sud-Kivu à l’est de la RDC. Les porte-paroles des deux armées n’étaient pas disponibles pour réagir à ces allégations. (SOS Médias Burundi)

Selon des habitants joints par SOS Médias Burundi, les militaires burundais et congolais ont profité d’une fouille d’armes pour s’adonner au pillage.

« Ce mercredi, plusieurs éléments des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et militaires burundais sont arrivés de Buzuku pour fouiller des armes à Birindiro. Ils ont tout pris sur leur passage : des habits, vivres, de l’argent, des téléphones portables, des panneaux solaires… », disent des habitants.

La société civile locale confirme ces témoignages. Elle interpelle les autorités congolaises à mener des enquêtes pour que les auteurs de ce pillage soient sanctionnés.

Par ailleurs, les représentants de la société civile locale déplorent que « les militaires burundais continuent de collaborer avec les Maï Maï Rushaba ».

Mais certaines sources locales affirment que les éléments de la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) affectés dans la zone ne sont pas impliqués dans le pillage.

« Ce sont des militaires congolais qui ont pillé dans nos ménages. Après leur passage, des militaires burundais nous ont informés qu’ils ne sont là que pour traquer les groupes armés basés dans la région conformément à leur mission », racontent des chefs de ménage et intellectuels qui ont parlé à des militaires burundais.

Nous avons essayé de joindre le porte-parole du secteur opérationnel Sokola 2 dans le Sud-Kivu sans succès, de même que le colonel Floribert Biyereke, porte-parole de la FDNB.

Jusqu’à présent, les militaires burundais ont installé leurs positions sur les villages de Buzuku, Kitoga et Kitembe.

L’armée burundaise est entrée au Congo officiellement le 15 août 2022. C’est tout un bataillon qui y a été envoyé, selon le porte-parole de la FDNB.

Fierté du conseil national de sécurité

En début de semaine, le conseil national de sécurité du Burundi s’est réunie dans une session extraordinaire sous la présidence du président Neva, président du conseil. La question de l’envoi de militaires burundais en RDC voisine était parmi les points à l’ordre du jour.

« […], c’est dans ce sens que dans le cadre d’entente bilatérale avec la République Démocratique du Congo, le Burundi va déployer un contingent pour traquer ces forces du mal dans le Sud-Kivu qui ne cessent de perturber la sécurité au Burundi, en attendant le déploiement effectif de cette force régionale », indique le communiqué du conseil national de sécurité.

Et d’être plus clair « Précisons que la constitution du Burundi autorise le président de la République dans des circonstances et conditions qu’elle précise, à faire usage de la force armée y compris l’envoi des troupes à l’extérieur du pays ».

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Jusqu’à présent, le Burundi reste le seul pays qui a déjà déployé des militaires au Congo dans le cadre de la force sous-régionale décidée par les chefs d’Etat de l’EAC récemment à Nairobi.

Des activistes et sources locales dans le Sud-Kivu continuent d’affirmer que les militaires burundais ne cessent de se faire accompagner par les Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti présidentiel). Des informations soutenues par des sources anonymes au sein des FARDC qui indiquent que « les militaires récemment accueillis officiellement s’ajoutent à d’autres qui se trouvaient ici depuis des mois en compagnie des Imbonerakure ».

Depuis décembre 2021, il est rapporté la présence de militaires burundais et des Imbonerakure dans le Sud-Kivu pour traquer les rebelles des mouvements armés Red Tabara, considéré par les autorités burundaises comme un groupe terroriste et les FNL (Forces nationales de libération) du général Aloys Nzabampema, une présence que les autorités burundaises ont toujours nié.

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