Gitega : le Burundi va prendre en charge ses militaires en RDC malgré sa pauvreté extrême

Gitega : le Burundi va prendre en charge ses militaires en RDC malgré sa pauvreté extrême

Selon un message lu par le président du sénat Emmanuel Sinzohagera vendredi dernier dans une séance plénière, l’est de la RDC fait face à de groupes armées terroristes qui ne cessent de commettre des forfaits innommables et innombrables, non seulement dans ce pays mais également dans les pays voisins.

Le Burundi a donc décidé d’une entente bilatérale avec son voisin le Congo de l’envoi d’un contingent des militaires burundais au Sud-Kivu pour restaurer la paix et sécurité. Les éléments de la FDNB envoyés dans le Sud-Kivu ont un délai de trois mois renouvelables et toute la logistique est assurée par le Burundi, un pays qui fait face à la pénurie du carburant, du sucre, des engrais chimiques durant plusieurs mois. Le président Neva a donc préféré envoyé l’armée au Congo et informer le sénat après. Récemment, le conseil national de sécurité dirigé le chef de l’Etat a indiqué que ce dernier a les prérogatives de décider de l’usage de la force armée, y compris l’envoi des troupes à l’extérieur du pays. SOS Médias Burundi

Selon le président de la chambre haute du parlement, le président sortant en exercice de la Communauté est africaine Uhuru Kenyatta a pris l’initiative d’aider le gouvernement congolais à ramener la paix et la sécurité à l’Est de la RDC pour que tous les pays de la région vivent dans la paix et la tranquillité en vue de planifier des travaux de développement de leur peuple respectif.

C’est donc dans cet état d’esprit que le gouvernement du Burundi en collaboration bilatérale avec les autorités congolaises et en vertu de l’article 255 de la Constitution qui prévoit que dans les limites déterminées par la constitution et les lois, seul le président de la République peut autoriser l’usage de la force armée dans l’accomplissement des obligations et engagements internationaux , a pris la décision de déployer un contingent d’un bataillon d’infanterie dans la province du Sud- Kivu, a expliqué M. Sinzohagera.

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La FDNB (Force de défense nationale du Burundi) a une période de trois mois renouvelables dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu.

Lors de cette séance plénière, aucune question pour des éclaircissements n’a été posée par les sénateurs, la chambre basse étant presque monocolore, dominée par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD.

Un communiqué de presse de l’armée burundaise de vendredi dernier indique que « le mouvement vers la zone de l’opération a eu lieu le 15 août tandis que les opérations proprement dites ont suivi quelques temps après la mise en commun des forces ».

Précisant que « actuellement les opérations avancent sans entraves tandis que les forces négatives fuient face à l’avancée de nos soldats. »

Selon le colonel Floribert Biyereke, porte-parole de l’armée burundaise, les forces sont sous le commandement d’un officier supérieur congolais, son adjoint étant Burundais. La logistique est assurée par le Burundi.

« La FDNB demande à la population burundaise et à la communauté internationale de ne pas prêter oreille aux médias, réseaux sociaux et aux organisations qui diffusent de fausses informations au sujet des opérations en cours », commente le document.

Selon le porte-parole de la FDNB, « ces manipulateurs d’information n’ont d’autres visées que celles d’apporter le soutien aux groupes terroristes ».

Depuis décembre 2021, il est rapporté la présence de militaires burundais et des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel) dans le Sud-Kivu pour traquer notamment les rebelles de Red Tabara, un groupe armé d’origine burundaise considéré par les autorités burundaises comme un groupe terroriste.

Les autorités burundaises ont toujours nié cette présence, pourtant confirmée par plusieurs sources locales, des élus dans le Sud-Kivu et des sources anonymes au sein des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et de la FDNB sans oublier les familles des Imbonerakure qui sont morts sur le champ de bataille.

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Jusqu’à présent, rien n’est dit sur l’origine du financement des militaires burundais envoyés en RDC dans le cadre d’une force régionale mais qui, en réalité se trouve être une force décidée bilatéralement entre le Burundi et le grand voisin de l’ouest. Actuellement, aucun autre pays de l’EAC (Communauté de l’Afrique de l’Est) n’a envoyé ses militaires au Congo sauf l’Ouganda qui avait déjà, depuis novembre dernier un accord des opérations conjointes avec la RDC dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri pour traquer les ADF (Forces Démocratiques Alliées), qualifiées de mouvement terroriste par les États-Unis et les Nations-Unies.

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