Cibitoke : plus de 200 vaches volées en RDC ramenées au Burundi via la rivière Rusizi

Cibitoke : plus de 200 vaches volées en RDC ramenées au Burundi via la rivière Rusizi

Entre 22 heures et 2 heures du matin du 2 au 3 septembre, les habitants de la transversale 7 et 8, colline de Kaburantwa en commune de Buganda de la province de Cibitoke (Nord-Ouest du Burundi) ont vu plus de 200 vaches en provenance de la RDC traverser la rivière Rusizi, séparant le Burundi et le Congo. Personne n’a été autorisé d’approcher cet endroit où les camions militaires transportant les vaches vers Bujumbura ont transité. L’administration communale indique que ce sont des voleurs qui ont ramené ces vaches de la RDC. Mais elle promet tout de même une enquête. Les vaches auraient été pillées dans la plaine de la Rusizi il y a deux semaines, acheminées dans les hauts et moyens plateaux où la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) a installé ses positions dans le territoire d’Uvira, avant d’être ramenées au Burundi. SOS Médias Burundi

Au moins 208 vaches pillées dans les localités des groupements de Lemera et Kigoma dans les moyens et hauts plateaux sur le territoire d’Uvira en province du Sud-Kivu (Est de la RDC), théâtres des affrontements entre les militaires burundais et les rebelles de Red Tabala ont été ramenées de l’autre côté de la Rusizi à travers les transversales 7 et 8 de la colline de Kaburantwa, commune de Buganda dans la province de Cibitoke au cours de la nuit précédente.

Selon une source de première main, ces vaches constituent le butin de guerre de l’armée burundaise déployée récemment en RDC, officiellement mais qui s’y trouvait déjà depuis décembre 2021, selon nos sources.

« Il s’agit tout simplement des razzias opérées suite aux intenses combats entre les éléments de la FDNB et les rebelles de Red Tabara avec comme prétexte d’empêcher ces derniers d’avoir le ravitaillement », dit notre source.

Cette opération qui a duré au moins 4 heures, entre 22 heures du soir et 2 heures du matin a permis d’après une source militaire, de faire traverser toutes ces vaches alors qu’elles venaient de passer quelques jours en route vers la frontière burundaise.

« Nous avons facilité par force le transport de ces vaches et comme récompense, on nous a donnés une vache avec comme recommandation de l’abattre immédiatement et de partager la viande », précise un Congolais qui faisait partie du groupe qui a servi de pisteur.

Cette situation commence à inquiéter les Congolais établis tout près de la frontière avec le Burundi qui, par la voix de l’un des chefs coutumiers de la localité de Luberizi dans la plaine de la Rusizi, exige « le retrait immédiat et sans condition des soldats burundais de notre pays suite aux innombrables atrocités imputables à eux ».

Même son de cloche pour les habitants frontaliers de l’autre côté au Burundi dans la commune de Buganda qui craignent des représailles de la part de leurs voisins congolais.

Une autre source haut placée précise que toutes ces vaches qui ont été transportées tôt ce matin vers Bujumbura (capitale économique) où elles seront vendues, ont été pillées par les militaires burundais en mission dans le grand voisin de l’ouest en connivence avec les Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel, le CNDD-FDD).

Contacté à ce propos, le chef des opérations militaires de l’armée burundaise à la frontière parle de rumeurs.

Sa position est presque similaire à celle de l’administrateur de Buganda. D’après lui, si de telles informations sont confirmées, il s’agit de l’œuvre des voleurs de vaches. Il appuie ses arguments par des renseignements reçus ces derniers temps sur la présence d’une bande de bandits qui se préparait à faire traverser les vaches volées vers le Burundi via la Rusizi.

Pamphile Hakizimana ajoute tout de même que des enquêtes seront incessamment entamées pour déterminer les responsabilités des uns et des autres.

Selon des sources locales dans le Sud-Kivu, les vaches aperçues la nuit de vendredi à samedi auraient été pillées dans la plaine de la Rusizi il y a deux semaines, acheminées dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira où les militaires burundais ont installé leurs positions avant d’être conduites encore une fois à la frontière pour destination la ville commerciale Bujumbura.

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Envoyés en RDC officiellement depuis le 15 août dernier pour un délai de trois mois renouvelables, les militaires burundais continuent d’être accompagnés par des Imbonerakure en mission selon nos sources.

Depuis décembre 2021 quand ils sont partis en RDC pour essayer de déloger le Red Tabara, un groupe armé d’origine burundaise considéré par les autorités burundaises comme un mouvement terroriste, les militaires burundais et les Imbonerakure ainsi que les Maï Maï, leurs alliés ont été souvent soupçonnés de pillage dans les villages où ils sont basés, des allégations que le porte-parole de la FDNB a toujours nié, accusant les médias et les organisations qui dénoncent ce pillage de « soutenir le terrorisme ».

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