RDC : l’ONU reconnaît l’impuissance et l’incapacité de la Monusco face au M23

RDC : l’ONU reconnaît l’impuissance et l’incapacité de la Monusco face au M23

Dans une interview accordée aux journalistes de Radio France Internationale (RFI) et France 24 dimanche dernier, le Secrétaire Général des Nations-Unies, António Guterres a reconnu l’incapacité et l’impuissance militaire de la Mission Onusienne en RDC de vaincre les rebelles du mouvement du 23 Mars (M23). Il renseigne que les rebelles du M23 sont tellement organisés avec des armes dissuasives et plus sophistiquées que celles des forces de casques bleus et des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). (SOS Médias Burundi)

Face à cette réalité, M. Guteress pense que la solution militaire ne pourra pas mettre fin aux hostilités. C’est pourquoi il propose un plan de dialogue entre la RDC, l’Ouganda et le Rwanda.

« La vérité, c’est que le M23 aujourd’hui est une armée moderne, avec des équipements lourds qui sont plus perfectionnés que les équipements de la Monusco. Ils ne sont pas nés dans la forêt. Ils viennent de quelque part. Ce qu’il faut à mon avis, et c’est essentiel, c’est de trouver une discussion sérieuse entre le Congo, le Rwanda et l’Ouganda pour qu’on puisse avoir une perspective conjointe pour éviter cette permanente situation qui nous fait toujours, quand on a un progrès, revenir en arrière », a-t-il dit.

Et d’ajouter « Il faut que ces pays comprennent mutuellement et il faut que ces pays coopèrent effectivement pour la sécurité de l’Est du Congo, et il ne faut pas l’oublier, du Rwanda et de l’Ouganda. Il faut qu’ils s’entendent parce que, penser qu’une force de maintien de la paix puisse résoudre des problèmes quand il y a maintenant des forces militaires extrêmement bien armées, c’est impossible. Et les populations naturellement ne les comprennent pas. Et pour nous, c’est une énorme préoccupation ».

La société civile du Nord-Kivu a qualifié les propos du secrétaire général de l’ONU d »‘irresponsables et de trahison ». Selon la société civile dans le Nord-Kivu, il faut que la Monusco parte car n’ayant plus son sens de rester en RDC.

Le mouvement du 23 Mars occupe la cité frontalière de Bunagana dans le territoire de Rusthuru dans la province du Nord-Kivu (frontière avec l’Ouganda) depuis 3 mois en dépit de l’existence de la force onusienne et des FARDC.

La situation humanitaire des déplacés internes et externes reste préoccupante. Plusieurs familles passent la nuit à la belle étoile et d’autres dans des écoles faute d’abris, a expliqué le coordonnateur de la société civile du territoire de Rusthuru.

LIRE AUSSI :

Plusieurs milliers de civils ont fui vers l’Ouganda, certains ayant déjà rejoint des camps de réfugiés.

Les autorités congolaises ont, à plusieurs reprises, publiquement accusé l’armée rwandaise de soutenir le M23 et d’envoyer des militaires combattre dans ses rangs, des soupçons qui visent aussi l’armée ougandaise, dans une certaine mesure, ce que le gouvernement rwandais a toujours balayé d’un revers de la main.

Plus de 35 personnes ont trouvé la mort dans des manifestations anti-Monusco ces derniers mois en provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et de l’Ituri à l’est du Congo, selon un rapport du gouvernement congolais.

LIRE AUSSI :

Une force régionale décidée par les chefs d’Etat de l’EAC récemment à Nairobi pour essayer de trouver une solution à l’insécurité qui prévaut dans l’est du Congo n’a pas encore vu le jour. Seuls le Burundi et l’Ouganda ont déjà déployé des militaires sur le sol congolais dans le Sud-Kivu et en Ituri, dans un cadre bilatéral.

_________________

Photo d’archives : un rebelle du M23 à Bunagana, lundi 13 juin 2022

Previous Mugina : des pluies torrentielles ont démoli une vingtaine de maisons et des champs
Next Nyarugugu (Tanzanie) : des Burundais continuent d'être rapatriés de force