Goma : les étudiants manifestent pour dénoncer l’insécurité

Goma : les étudiants manifestent pour dénoncer l’insécurité

Après plusieurs séries de manifestations des différentes couches sociales dont les structures citoyennes et des groupes de pression en RDC, ce lundi était le tour des étudiants de la province du Nord-Kivu. Ils sont descendus dans les rue de la ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu) pour décrier la montée de l’insécurité à l’est de la République Démocratique du Congo. (SOS Médias Burundi)

Les manifestants portaient des calicots sur lesquels on pouvait lire « non à la zone tampon, non à la force régionale de l’EAC », « oui aux opérations de grande envergure contre les rebelles du M23 et les ADF qui déstabilisent l’est de la RDC ».

La représentation des étudiants du Congo « REC », section du Nord-Kivu depuis la semaine dernière avait annoncé cette marche pour exiger le départ de la force régionale de la Communauté des États d’Afrique de l’est en République Démocratique du Congo.

Aux heures matinales dans la ville de Goma, au rond-point entrée présidentielle, plus de 300 étudiants de différentes universités et institutions supérieures se dirigeaient au musée  de la Nation pour déposer un mémorandum auprès du gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu.

Certains d’entre eux disent ne pas comprendre comment leurs camarades des territoires en proie à l’insécurité dont Masisi, Rutshuru et Beni vivent toujours « une situation oubliée ».

Wilfrid Akilimali Linjanja, responsable provincial des étudiants au Nord-Kivu a expliqué la raison de la marche.

« Vraiment nous sommes fatigués de voir la situation sécuritaire devenir plus grave. Et jusque-là les victimes sont majoritairement les jeunes congolais qui ont perdu l’espoir de vivre dans cette République. L’unique objectif est de susciter chez les autorités congolaises l’envie de mettre fin à cette insécurité devenue monnaie courante», a-t-il dit.

La manifestation des étudiants de Goma contre la force régionale de l’EAC a été dispersée par la police qui a usé de grenades à gaz lacrymogène.

Peu après, la situation a été maîtrisée par les agents de l’ordre.
Un étudiant s’indigne de cette pratique des agents de l’ordre à l’égard des manifestants.

«Notre police n’est pas suffisamment instruite car elle use des grenades à gaz lacrymogène pour nous disperser et pourtant notre marche était purement pacifique. Nous demandons que cette pratique cesse et que les droits des manifestants soient respectés », a-t-il signalé, très en colère.

Dans un entretien qu’ils ont eu avec le conseiller politique du gouverneur militaire et qui a reçu leur mémorandum, les étudiants ont exigé une implication immédiate des autorités congolaises tant au niveau local et national sur la question sécuritaire pour » permettre un retour à la normale ».

L’insécurité qui prévaut dans l’est du Congo a attiré l’attention de plusieurs acteurs ces derniers temps surtout avec la progression du M23, un groupe armé composé de Tutsis congolais qui a repris plusieurs localités dans le Nord-Kivu depuis mi juin 2022, dont Bunagana, la cité frontalière avec l’Ouganda.

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Les autorités congolaises restent persuadées que la rébellion bénéficie du soutien du Rwanda, ce que le gouvernement rwandais ne cesse de rejeter, reprochant à son tour aux dirigeants congolais de collaborer avec les génocidaires rwandais FDLR en leur fournissant des uniformes, armes et munitions dans le but de « déstabiliser le territoire rwandais ».

Les relations restent tendues entre les deux pays voisins de la région des Grands-Lacs d’Afrique et membres de la communauté Est-Africaine malgré les efforts fournis par la Conférence internationale sur la région des Grands-Lacs (CIRGL) et l’EAC visant à « les rétablir ».

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Photo : des étudiants manifestent contre l’insécurité qui prévaut dans l’est du Congo, le 13 février 2023

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