RDC : le bras de fer entre le président Tshisekedi et le M23 pas prêt de s’arrêter
Le mercredi 20 septembre 2023 , le président congolais a déclaré à la presse à New York qu’il ne compte pas dialoguer avec les rebelles du M23. Ce dernier semble renforcer sa présence de sa part. (SOS Médias Burundi)
Il a réaffirmé que « le groupe est sous la responsabilité du Rwanda ».
« Je salue d’ailleurs la sanction américaine contre le Rwanda par rapport à une coopération militaire avec ce pays qui soutient les mouvements rebelles sur notre territoire », a-t-il déclaré.
De son côté, le M23 lui, jure qu’il ne déposera jamais les armes si Kinshasa n’accepte pas de dialoguer avec lui.
« On ne déposera pas nos armes si Kinshasa n’accepte pas qu’on dialogue. Nous voulons une paix juste et équitable. Nous luttons pour une démocratie pour tous les Congolais. Il n’y a pas une catégorie de Congolais à discriminer », a réagi le major Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23.
Situation du terrain
Entre temps, la situation demeure tendue sur le terrain.
D’après la société civile locale, le M23 multiplie des campagnes de sensibilisation pour convaincre la population à adhérer à sa cause et à son idéologie dans la province du Nord-Kivu à l’est de la RDC où il occupe encore des zones malgré la présence des militaires de la force régionale de l’EAC.
Parallèlement, des affrontements armés ont lieu entre le mouvement rebelle et les milices locales entretenues par les autorités congolaises.
« Ce mercredi, il y a eu de combats aux villages de Muhongozi et de Busumba. C’est près des territoires de Masisi et Rutshuru », rapporte la société civile locale qui alerte sur un renforcement du M23 dans le territoire de Masisi.
« Plusieurs hommes portant des bagages seraient déversés dans cette partie de la province du Nord-Kivu. Ils sont déployés dans plusieurs entités et prépareraient de grands assauts contre les positions des divers groupes d’autodéfense actifs dans la zone, voire contre les Forces armées de la RDC », alerte la société civile.
Le M23 dément les informations faisant état de renforcement de ses positions.
« On ne renforce pas nos positions où que ce soit. Sinon, il n’y aura pas eu de raison de notre retrait effectué depuis décembre 2022. Si nous l’avions voulu, on serait même arrivé à Kinshasa. L’important, c’est de voir la population congolaise vivre dans une paix durable et nous prônons la démocratie équitable », a réagi Willy Ngoma, avant de considérer que « ceux qui font toutes ces propagandes sont les gens qui sont haineux et qui veulent voir le M23 tomber ».
Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant au gouvernement congolais de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants. Les autorités congolaises restent persuadées qu’elle bénéficie du soutien du Rwanda, ce que le gouvernement rwandais ne cesse de nier , chargeant de son côté les dirigeants congolais de collaborer avec les génocidaires rwandais FDLR en leur fournissant des uniformes, armes et munitions dans le but de « déstabiliser le territoire rwandais ».
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Photo d’archives : un rebelle du M23 lors de la prise de la cité de Bunagana, frontalière avec l’Ouganda, juin 2022
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