Nord-Kivu : 48 heures, c’est l’ultimatum fixé par des groupes armés locaux pour la force régionale de quitter la RDC

Nord-Kivu : 48 heures, c’est l’ultimatum fixé par des groupes armés locaux pour la force régionale de quitter la RDC

Ce mercredi, les groupes armés locaux dits d’autodéfense ont lancé un ultimatum à la force régionale de l’EAC pour quitter ses positions à Masisi, Rutshuru et Nyiragongo. C’est en province du Nord-Kivu à l’est du Congo. Ce mardi, Kinshasa avait, par la voix de son porte-parole, exprimé sa volonté de chasser la force de l’EAC de son territoire. Les responsables de la Force n’ont pas encore réagi. (SOS Médias Burundi)

Ce sont des dirigeants des groupes armés réunis au sein des Wazalendu qui ont donné l’ultimatum.

« Nous donnons à l’EAC 48 heures pour quitter Rutshuru, Nyiragongo et Masisi », ont-ils menacé.

La menace est lancée au lendemain de la déclaration de Kinshasa par le biais de son porte-parole, Patrick Muyaya Katembwe, allant dans le même sens.

Il a affirmé qu’il n’y a aucune raison apparente de prolonger le mandat de la force de l’EAC sur le sol congolais.

« Le gouvernement congolais règle les problèmes de sa population. Parmi ses attributions, figure aussi la défense du territoire national. La force de l’EAC n’a rien fait pour la sécurisation des entités de la province du Nord-Kivu. Même le chef de l’État a à maintes reprises décrié cette situation », a-t-il déclaré en encourageant les combattants de milices locales entretenues par les autorités congolaises à se battre « parce qu’ils protègent les civils ».

Des miliciens locaux attaquent le M23 à Bashali

D’après les miliciens, les contingents des pays de la sous-région ne servent pas la cause de la RDC, mais collaborent plutôt avec le M23.

« Nous avons pu découvrir que les éléments de la force sont en étroite collaboration avec le M23. En plus, ils ne nous facilitent pas les opérations de traque contre le M23 », justifie Séraphin Nsabimana, porte-parole des groupes armés locaux en territoire de Masisi.

Les responsables de la Force régionale de l’EAC n’ont pas encore réagi.

Début septembre dernier, les chefs d’Etat du bloc économique de l’Afrique de l’est avaient pris la décision de prolonger le mandat de la force régionale jusqu’au 8 décembre 2023.

Cette force et la Monusco (Mission de l’organisation des Nations-Unies en RDC) peinent toujours à mettre fin à l’insécurité dans la région riche en minerais du vaste pays de l’Afrique centrale.

Au moins 57 personnes sont mortes dans une manifestation contre les deux missions en août dernier dans la ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu), selon un rapport des autorités congolaises.

En 2022, au moins 37 civils ont été tués et plus de 170 autres blessés dans des manifestations anti-Monusco dans des villes et contrées de la région-est du Congo, selon le gouvernement congolais.

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Photo d’illustration : des militaires burundais déployés dans le Nord-Kivu au sein de la force régionale de l’EAC

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