Burundi : deux opposantes kidnappées et détenues dans un lieu tenu secret
Agnès Nibirantije et Jacqueline Uwizeye ont été respectivement enlevées dimanche dernier et ce mercredi soir. La première est représentante de la ligue des femmes du parti CNL à Kayanza (nord du Burundi) au moment où la deuxième se trouve être responsable provinciale de ce parti dans la province de Buhumuza (selon la nouvelle structure territoriale). Elle inclut les provinces de Muyinga, Karusi et Ruyigi (nord-est).Les auteurs du double kidnapping ont été identifiés comme des agents du Service national de renseignements (SNR). (SOS Médias Burundi)
Agnès Nibirantije a été arrêtée alors qu’elle était au chef-lieu de la province de Ngozi ( nord) dimanche dernier. Elle voulait participer à un congrès extraordinaire qui avait été organisé par les opposants à Agathon Rwasa, leader traditionnel CNL.
LIRE AUSSI :
« Proche d’Agathon Rwasa, elle s’était rendue à Ngozi malgré qu’elle n’était pas invitée à participer au congrès qui a renversé Rwasa. Les autres militants avec qui elle était ont été relâchés, mais elle, reste retenue par les services de renseignements », disent ses proches. Ils parlent d’un enlèvement d’autant plus que son lieu de détention n’est pas encore communiqué à sa famille, encore moins le motif de sa détention.
Et ce mercredi, c’est Jacqueline Uwizeye qui a été enlevée. Les faits ont eu lieu en commune de Giteranyi dans la province de Muyinga.
« Elle rentrait de son travail d’enseignante. Une camionnette du responsable provincial en charge des renseignements est venue à toute allure derrière la moto qui transportait Uwizeye. Sommé de s’arrêter, le motard a obéi. Des agents de renseignements ont alors embarqué par force la dame dans leur véhicule », disent des témoins qui ont même identifié la plaque d’immatriculation du véhicule :E0535A.
Selon les proches des deux femmes, le service des renseignements les auraient emmenées à Bujumbura, la capitale économique où sont installés ses principaux cachots et bureaux.
« On nous a dévoilé qu’elles seraient détenues dans les pires cachots des renseignements tout près de la Cathédrale Régina Mundi. Nous nous inquiétons pour leur sécurité », se désolent-ils. Ils exigent leur libération.
Le porte-parole du ministère en charge de la sécurité qui sert de communicant pour les renseignements burundais, ne s’est pas encore exprimé sur ce double enlèvement.
_______________________________________________
Photo d’illustration : une militante CNL salue ses compagnons à travers une fenêtre d’un bus qui la ramène d’une province du Burundi lors d’un grand rassemblement du CNL dans la ville commerciale Bujumbura
You might also like
Des membres du CNL battus par des Imbonerakure à Bugenyuzi
Quatre membres du CNL ont été malmenés et battus par des Imbonerakure dimanche dernier sur la colline de Muyange dans la commune de Bugenyuzi, en province de Karusi (centre est
Burundi : la coalition CFOR-Arusha trouve que la nouvelle constitution ne permet pas une compétition démocratique et plurielle
Dans une correspondance adressée au secrétaire général de l’ONU, la Coalition des Forces de l’Opposition, CFOR Arusha fait savoir que le processus électoral de 2020 est d’ores et déjà biaisé.(SOS
RN3 : la route Bujumbura-Rumonge coupée
Depuis 16h ce jeudi, la route nationale numéro 3 (RN3) reliant la capitale économique Bujumbura et la province de Rumonge (sud-ouest du Burundi) ne passe plus. Elle est coupée suite
