RDC-Goma : des déplacés exigent la délocalisation du site de Bulengo après le bombardement
Le site de déplacés de Bulengo, un des plus vastes de la ville de Goma en province du Nord Kivu, abrite actuellement plus 478.000 personnes.Ces déplacés proviennent de plusieurs coins du territoire de Masisi et une partie de Rutshuru, en passant par la cité de Kitshanga dans le groupement de Bishusha, poussés par des bombardements à répétition.Une forte crainte est palpable car le site a déjà enregistré plus de 28 morts et plus d’une cinquantaine de blessés depuis le début des bombardements perpétrés par des groupes armés, y compris le M23.Des voix commencent à s’élever au sein des déplacés pour exige au gouvernement congolais et au HCR de délocaliser ce site pour éviter que le bilan des morts ne s’alourdisse lors de possibles futurs bombardements. (SOS Médias Burundi)
Un déplacé du camp de Bulengo s’inquiète.
« Nous sommes en insécurité totale suite aux bombes. Ça nous met en danger car depuis que cette situation a commencé dans la ville de Goma, le gouvernement n’a toujours pas réagi face aux attaques de la rébellion du M23 appuyée par le Rwanda. Nous avons fui le M23 qui voulait que nous restions avec lui dans ces zones conquises, mais nous on se dit qu’au lieu de rester avec les rebelles, vaut mieux mourir où le gouvernement peut nous garantir la sécurité. Mais voilà que nous sommes tués et le gouvernement reste silencieux. Nous voulons voir ce camp délocalisé vers le centre-ville peut-être», insiste Richard Gasore Bizwara.
Des victimes de bombardements également ne cessent de présenter leur inquiétude sur les dangers qu’elles encourent si elles restent dans des sites de déplacés.
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Aline Kavira est une déplacée qui a perdu sa petite fille dans les bombardements du 3 mai dernier. Pour elle, la solution la plus rassurante est de délocaliser ce site.
« Nous ne sommes plus en sécurité vraiment. Des bombes viennent de Masisi puis tombent sur nous et voilà que nous traversons le calvaire des morts et des blessés. Moi je pleure ma fille qui a été tuée lors de ces bombardements et je suis toujours en insécurité dans ce camp. Nous demandons à ce que ce camp soit délocalisé vers un autre endroit plus sécurisé », dit-elle.
Avis contraire
D’autres Congolais réclament simplement le retour de la paix et non la délocalisation du camp de Bulengo
Selon des habitants, les autorités congolaises auraient une part de responsabilité car elles ne lancent plus des attaques contre les rebelles qui occupent une zone stratégique pour la province du Nord Kivu.
« Délocaliser le camp n’est pas une solution pour le problème que nous traversons. Nous voulons voir ĺes FARDC (Forces Armées de la République démocratique du Congo) attaquer les positions du M23 et non l’aventure de délocalisation du camp», estime de son côté Mahoro Hitimana.

Les autorités congolaises quant à elles estiment que délocaliser le camp de Bulengo, peut être pour elles un échec notoire.
Par contre la Commission nationale des réfugiés (CNR) pense qu’il est temps de lancer des attaques contre les rebelles pour permettre le retour à la paix durable puis l’espoir aux déplacés internes de retourner dans leurs villages respectifs.
« Notre souhait n’est pas de maintenir les déplacés dans les camps, non et non. Mais peut-être demander aux autorités militaires de multiplier des offensives de grande envergure pour mettre fin à cette aventure de Paul Kagame qui opère en RDC sous la couverture du M23 », renchérit Christian Kalamo, communicateur principal de la CNR en province du Nord-Kivu.
Depuis la reprise des attaques du M23 contre l’armée congolaise, la ville de Goma de plus de 8 millions d’habitants a été la cible de bombes en provenance d’entités où se déroulent des affrontements, surtout dans le territoire de Masisi.
Selon le gouvernement provincial du Nord Kivu, plus de 14 bombes ont été larguées sur la ville de Goma par le M23, faisant déjà 28 morts et plus d’une cinquantaine de blessés.
Les quartiers de Mugunga (situé dans la commune de Karisimbi), et du lac vert (commune de Goma) ont été les cible des ces bombardements depuis décembre 2023.
Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 , reprochant au gouvernement congolais de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants. Depuis mi juin 2022, les rebelles ont récupéré plusieurs régions du Nord-Kivu dont Bunagana, la cité frontalière avec l’Ouganda devenue leur état-major. Les autorités congolaises restent persuadées que la rébellion bénéficie d’un soutien du Rwanda voisin, ce qui a envenimé les relations entre les deux sœurs nations des Grands-Lacs d’Afrique. Le Rwanda a toujours balayé d’un revers de main ces allégations et exigé le respect des droits des communautés rwandophones au Congo, menacées par un probable génocide selon le chef de l’État rwandais Paul Kagame.
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Photo : une déplacée de Goma devant sa maison en bâches
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