Burunga : des élèves contraints d’abandonner l’école pour servir la propagande politique

Burunga : des élèves contraints d’abandonner l’école pour servir la propagande politique

SOS Médias Burundi

Makamba, 9 février 2026 – Dans la province de Burunga, au sud du Burundi, plusieurs élèves ont été empêchés de suivre les cours samedi dernier pour accueillir la Première Dame, Angeline Ndayishimiye, venue participer à l’activité dite du sport de la santé.

Selon des sources scolaires, des messages ont été envoyés aux responsables d’établissements pour interdire la présence des élèves à l’école. Les enfants, notamment ceux du primaire, ont été alignés le long des routes afin d’applaudir le passage de la Première Dame, certains ayant même reçu l’ordre de ne pas porter leurs uniformes scolaires.

Une situation qui choque parents et syndicats

La FENASEB (Fédération Nationale des Syndicats du Secteur de l’Enseignement et de l’Éducation au Burundi) dénonce cette pratique qui prive les enfants de leur droit fondamental à l’éducation et les expose à des pressions politiques inappropriées.

Des élèves mobilisés pour participer à un défilé militaire en marge d'une journée dédiée aux Imbonerakure, les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD dans la ville commerciale Bujumbura. © SOS Médias Burundi
Des élèves mobilisés pour participer à un défilé militaire en marge d’une journée dédiée aux Imbonerakure, les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD dans la ville commerciale Bujumbura. © SOS Médias Burundi

Emmanuel Manuma, syndicaliste membre de la FENASEB, avait déjà tiré la sonnette d’alarme en début de semaine, soulignant que ces manœuvres compromettent gravement la qualité de l’enseignement.

Des élèves transportés à Gitega en pleine nuit

Des informations concordantes indiquent que des élèves de l’École technique de maintenance automobile (ETMA), située au chef-lieu de la province de Burunga, avaient déjà été transportés vers Gitega, la capitale politique du pays, en janvier dernier pour participer à des activités en marge du congrès du CNDD-FDD qui a porté Révérien Ndikuriyo à la tête du parti présidentiel pour un second mandat. Depuis, un climat de peur règne au sein de l’établissement. Le directeur et certains enseignants, soupçonnés d’avoir divulgué ces informations, font l’objet de menaces, et le directeur risque de perdre son poste.

Une atteinte manifeste au droit à l’éducation

Cette situation démontre sans équivoque que les autorités continuent d’instrumentaliser les élèves burundais à des fins politiques, bafouant leur droit fondamental à l’éducation dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.

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Photo : la Première Dame, Angeline Ndayishimiye, entourée du gouverneur de Burunga, Parfait Mboninyibuka, et du secrétaire général du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, lors d’une marche organisée en marge de la Journée du sport de la santé.
Crédit photo : Radio Télévision Nationale du Burundi (RTNB)

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