Burundi : le président Neva est rentré de Rome avec une meilleure promesse

Burundi : le président Neva est rentré de Rome avec une meilleure promesse

Le président burundais est rentré ce mercredi d’une visite qu’il avait entreprise jeudi dernier à Rome en compagnie de la première dame. De son retour, à l’aéroport de Bujumbura, ce mercredi après-midi, il a affirmé que le Pape François visitera le Burundi l’an prochain. (SOS Médias Burundi)

Très enthousiaste, le président burundais, un fervent catholique a dressé lui-même le bilan de la visite qui l’a mené au Vatican. Il ne cache pas s’y être rendu pour chercher du soutien sur la scène internationale.
« […], nous avons montré que nous sommes dans une période de réconciliation, de démarrage du développement socio-économique dans le pays. Nous avons beaucoup de défis qu’il fallait aussi lui (le Pape) présenter en tant qu’une autorité supérieure qui a des influences dans le monde », a révélé le président Neva dans une déclaration faite à la presse locale.

Selon le chef de l’Etat, le Saint Père a été beaucoup touché d’apprendre qu’il y a un dialogue inter-religieux au Burundi, encourageant les autorités à le promouvoir davantage.

Meilleure promesse

L’année prochaine, le Burundi fête le 125 ème anniversaire de la venue du Christianisme dans la petite nation de l’Afrique de l’est. Le chef de l’Etat veut qu’il soit honoré par le Pape, ce que ce dernier a accepté.
« […], j’ai profité de cette occasion pour l’inviter à venir fêter avec nous ces événements, chose qu’il a accepté spontanément. Ça m’a même étonné d’ailleurs parce que lui-même il a dit qu’il devrait venir mais que cette année il a déjà programmé beaucoup de voyages et qu’il ne pourra pas venir mais que l’année prochaine il va venir et il a écrit cela dans son agenda pour s’en souvenir », a confirmé M. Ndayishimiye qui dit être très satisfait.

vérité sur l’assassinat d’un représentant du Saint Siège

L’autre question qui a retenu l’attention du Pape est celle relative à l’assassinat de Mgr Michael Courtney, nonce apostolique tué en décembre 2003. Le président Neva a promis au Pape de s’investir pour que la vérité éclate.
« Ils nous a demandé où nous en sommes avec les enquêtes. J’ai expliqué qu’à ce moment là le gouvernement était tellement faible et qu’il ne pouvait pas effectuer des enquêtes. Donc ils m’ont demandé qu’on fasse un effort pour que le 20 ème anniversaire de son assassinat soit une année où on aura eu la vérité sur ce crime et nous allons nous y mettre pour que la vérité soit mise au clair », a insisté celui qui estime que la très controversée commission vérité et réconciliation a déjà commencé des enquêtes sur base des investigations qui avaient été faites par le parquet général de la République.

Évariste Ndayishimiye et la première dame Angeline Ndayishimiye rentrent de Rome, le 30 mars 2022
Évariste Ndayishimiye et la première dame Angeline Ndayishimiye rentrent de Rome, le 30 mars 2022

Le nonce était tombé le 29 décembre 2003 dans une embuscade tendue par les rebelles des Forces nationales de libération (FNL) dans la localité de Minago, en province de Rumonge dans le sud-ouest du Burundi, selon la version officielle de l’époque, ce que le mouvement rebelle Hutu a toujours nié.

Évariste Ndayishimiye, fervent catholique contrairement à son prédécesseur Pierre Nkurunziza qui était « chrétien born again » dit avoir démontré « à quel point l’église catholique est très engagée au Burundi dans des domaines variés », citant par exemple les œuvres de Caritas- Burundi qui « nous aide à réveiller les esprits des jeunes pour se développer, pour leur autosuffisance ».

Cette catégorie de jeunes, estimée à plus de 60% dans la petite nation de l’Afrique de l’est où le pourcentage de membres de l’église catholique romaine est passé de 80% à 61% au cours des 32 dernières années, devrait être considérée comme « une opportunité et non un danger », selon le Pape François « car d’autres pays ont des populations vieilles mais le Burundi a un avenir », d’après M. Ndayishimiye qui a repris les propos du Saint Père.
Le seul Pape qui avait déjà visité le Burundi est le célèbre Souverain Pontife Jean-Paul II. C’était du 5 au 7 septembre 1990.

Il était, à l’époque, porteur d’un message d’ « unité et de réconciliation », deux ans après les tueries de 1988 dans les communes de Ntega et Marangara (provinces de Kirundo et Ngozi , nord du Burundi) qui, selon l’ONU ont fait plus de trente mille morts.

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Photo : rencontre historique au Vatican entre Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi et Sa Sainteté le Saint-père François (Jorge Mario Bergoglio) /Ntare House

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