Burundi : l’entreprise FOMI confronté au manque criant de devises pour importer de la matière première
Selon Helmenegilde Manyange, directeur général adjoint de l’entreprise – Fertilisants organo-minéraux
FOMI , cette entreprise fait face à un manque criant de devises pour pouvoir importer de la matière première. C’est au moment où les fournisseurs de cette matière première menacent de suspendre le contrat avec l’entreprise FOMI suite aux arriérés des devises non encore payés. Cette année, plusieurs agriculteurs n’ont pas reçu leurs engrais chimiques malgré le versement des frais y relatifs à l’avance. (SOS Médias Burundi)
L’ impact sur les agriculteurs se fait sentir. Les besoins en angrais organo-minéraux pour cette première saison culturale A seulement sont estimés à 50 mille tonnes. Jusqu’ici la société n’a que 17 mille tonnes d’engrais chimiques , soit 30% .
Helmenegilde Manyange l’a déclaré ce samedi à Gitega lors d’une réunion que le premier ministre Gervais Ndirakobuca a tenu à l’endroit de tous les gouverneurs de provinces, les directeurs provinciaux de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage.
Le gouverneur de la province de Kayanza le colonnel Rémy Cishahayo a indiqué que seuls 10 % des engrais organo-minéraux sont déjà dans les stocks, une quantité insuffisante, dans sa province.
Selon le gouverneur, il a eu honte de procéder à la distribution de peur de provoquer des grognes et des lamentations au sein des cultivateurs.
Certains agronomes quant à eux restent pessimistes quant à l’efficacité des engrais chimiques fournis par l’entreprise FOMI surtout pour les cultures du riz et des légumes.

Le premier ministre Gervais Ndirakobuca a donné un délai d’une semaine à l’entreprise FOMI et au ministère de tutelle pour vider la question des arriérés des engrais organo -mineraux pour les cultivateurs des provinces de Bujumbura , Bubanza et Cibitoke (nord-ouest du Burundi).
Depuis plus d’une année, la petite nation de l’Afrique de l’est fait face à une pénurie en engrais chimiques, pourtant produits au Burundi par l’entreprise FOMI, qui a une capacité de produire des excédents même selon des analystes.
LIRE AUSSI :
Des sources locales affirment qu’une grande partie des engrais chimiques serait vendue en RDC voisine par des autorités burundaises, à des prix exorbitants en dollars. Ce que notre rédaction n’a pas encore pu vérifier. Mais dans plusieurs provinces, les autorités locales et représentants locaux du CNDD-FDD, le parti présidentiel ont été surpris en possession de beaucoup de quantités d’engrais chimiques. Récemment, le chef de l’Etat a annoncé qu’il ne tolérerait plus des responsables administratifs qui se rendent coupables du commerce illicite d’engrais chimiques et de carburant. Il a lui-même affirmé avoir découvert par ses propres enquêtes des caches d’engrais chimiques et de carburant chez des responsables administratifs qu’il qualifie d' »ennemis du pays ».
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Photo : des ouvriers sur un point de vente d’engrais chimiques à Bubanza
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