Burundi : 5 organisations de femmes demandent au président Ndayishimiye de relâcher huit activistes dont six femmes

Burundi : 5 organisations de femmes demandent au président Ndayishimiye de relâcher huit activistes dont six femmes

Cinq organisations burundaises de femmes en exil ont saisi le président burundais pour demander que des défenseurs de droits humains soient relâchés. Elles précisent dans leur lettre que les concernés sont illégalement détenus en référence à la résolution A/RES/68/181 des Nations-Unies. Elle est relative à la « Promotion de la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus: protection des défenseuses des droits de l’homme/défenseurs des droits des femmes. Parmi les détenus figurent six femmes. (SOS Médias Burundi)

Les auteurs de la lettre signée le 23 mars sont des femmes regroupées au sein des organisations des défenseuses des droits humains au Burundi en solidarité avec leurs sœurs d’Afrique et du monde.

« En votre qualité de président et de magistrat suprême de la République, nous vous demandons de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que nos six (6) sœurs défenseuses de droits humains et nos deux (2) frères défenseurs de droits humains actuellement en détention, soient libérés immédiatement et sans condition », ont-elles écrit.

Les intéressés sont la journaliste Floriane Irangabiye de la radio en ligne IGICANIRO, Emilienne Sibomana, responsable syndicale au Lycée technique Christ Roi (capitale politique Gitega) , membre de la Fédération nationale des syndicats des enseignants (FENASEB), Me Sonia Ndikumasabo et Me Marie Emerusabe de l’Association des femmes juristes du Burundi (AFJB), Sylvana Inamahoro de l’Association pour la Paix et les Droits de l’Homme. Tout comme Audace Havyarimana et Prosper Runyange, qui travaillent aussi pour l’APDH.

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Dans leur lettre, les organisations soulignent que ces activistes sont tous détenus pour « leur engagement patriotique à la défense des droits humains en leur qualité de journaliste, d’éducatrice ou de membres d’organisations de défense des droits humains ».

Détention illégale

Se basant sur la résolution A/RES/68/181 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 18 décembre 2013, les organisations trouvent que les activistes sont illégalement détenus.

Elles clarifient leur demande en précisant que la résolution souligne en son paragraphe 11 que «l’indépendance de la justice est un principe fondamental et que des garanties de procédure doivent être mises en place conformément aux obligations et aux engagements des États au titre du droit international des droits de l’homme afin de protéger les défenseuses des droits de l’homme/défenseurs des droits des femmes contre toutes poursuites ou sanctions pénales injustifiées qui seraient motivées par les activités qu’ils mènent au titre de la Déclaration».

Les dispositions législatives et administratives adoptées à l’échelle nationale et leur application facilitent, plutôt que d’entraver, le travail des défenseuses/défenseurs des droits de l’homme/des femmes, notamment en préservant de la criminalisation ou de la stigmatisation leurs activités et leur rôle légitime, poursuivent-elles.

Sur base des déclarations du président Évariste Ndayishimiye que « tout prévenu qui n’est pas accusé d’un crime d’assassinat ou d’atteinte à l’intégrité de la personne humaine, restera en liberté tout au long de la procédure à sa charge », il lui est alors demandé de libérer les activistes détenus.

« Les accusations qui pèsent sur eux ne semblent découler que de leurs activités patriotiques de défense des droits humains, ce qui n’est pas interdit par la loi burundaise. Par ailleurs, la recherche, l’obtention et l’utilisation des ressources financières, issues de sources internes ou étrangères, qui font partie intégrante du bon fonctionnement de toute organisation et rentrent dans leur droit à la liberté d’association, ne sauraient être tournées en délit », soutiennent les signataires de la lettre.

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Avant d’exiger leur libération sans condition, les auteurs de la lettre considèrent que la détention des défenseuses/défenseurs de droits humains semble plutôt viser à intimider et décourager la famille des défenseuses/défenseurs de droits humains et réduit sévèrement l’espace d’action de la société civile, en contradiction avec la promesse du président Ndayishimiye d’améliorer la situation des droits humains dans le pays.

« La véritable mesure d’une société se trouve dans la manière dont elle traite ses membres les plus vulnérables », bouclent sur cette citation, les cinq organisations à savoir: Mouvement Inamahoro, Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité au Burundi (MFFPS), la Coalition burundaise des défenseurs des droits de l’homme, Light for All et ACAT-Burundi.

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Photo d’illustration : les cinq activistes des droits humains détenus par la justice burundaise

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